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évidents que la France retirerait de la possession du Canada.
La France reconnue depuis quelque temps comme la plus puissante monarchie de l'Europe sur terre, capable de disputer l'empire des mers à l'Anjlelerre et, unie avec l'Esparjne, de le lui enlever ; possédant la Nouvelle-Orléans au sud de notre territoire, le Canada au nord et secondée à l'ouest, du nord au sud, par les nombreuses tribus d'Indiens qui lui sont si généralement sympathiques et dont elle sait si bien gagner l'affection, la France serait en état, je le crains de dicter sa loi aux Etats-Unis... Les hommes sont très disposés à adopter des opinions extrêmes. La haine de l'Angleterre peut en entraîner quelques-uns à un excès de confiance envers la France, surtout lorsque des motifs de reconnaissance pèsent dans un des plateaux de la balance. Et ceux-là ne voudront pas croire la France capable déjouer un rôle si peu généreux. Je suis tout disposé moi-même à entretenir les sentiments les plus favorables pour notre nouvelle alliée et à apprécier ces sentiments chez les autres, jusqu'à un certain point. Mais c'est une maxime fondée sur l'expérience universelle de l'iiumanité qu'il faut se régler dans le degré de confiance que l'on accorde à une nation sur la mesure de ses intérêts. Aucun homme d'Etat prudent ne se départira de cette manière de voir. »
Dans une lettre-circulaire adressée aux gouverneurs des Etats, au moment où Tarmée est congédiée, le 8 juin 1783, Washington rappelle l'œuvre accomplie en commun, les circonstances favorables dans lesquelles la nation a conquis son indépendance et fait entrevoir les perspectives heureuses qui s'ouvrent pour l'avenir. « Nous n'avons pas jelé les fondations de notre empira, dit-il, aux âges ténébreux de l'ignorance et de la superstition, mais à une époque où les droits de Ihumanité sont mieux compris et plus clairement définis qu'à aucune époque précédente. L'esprit humain a consacré de longs efforts à la recherche du bonheur social ; les trésors de science accumulés par les travaux des philosophes, des sages et des législateurs à travers une longue succession d'années nous sont ouverts, et nous pouvons appliquer leur sagesse collective à l'établissement de notre système de gouvernement...
Les Etats-Unis vont faire leur noviciat politique; les regards du monde entier sont tournés vers eux, voici le moment d'établir ou de ruiner irrévocablement leur caractère national. Il y a quatre conditions Qui, dans mon humble opinion, sont indispensables au bien-être el je dirai même ^ l'existence des Etats-Unis comme puissance
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indépendante. Ce sont : 1° une union indissoluble des Etats sous un gouvernement fédéral ; 2" un respect absolu des droits publics; 3° l'adoption d'une armée sur le pied de paix ; 4" le développement entre les citoyens des Etats de sentiments amicaux et pacifiques qui leur feront oublier leurs préjugés et leurs rivalités locales.»
Washington traite ensuite en détail plusieurs de ces points et il appuie fortement sur l'obligation de faire honneur aux engagements contractés par la nation. « Notre chemin est tout tracé, riionnêteté est la meilleure et la seule vraie politique. Nous pourrons nous en rendre compte dans toutes les circonstances. En tant que nation soyons justes, exécutons les contrats publics que le Congrès avait certainement le droit de passer dans le but de soutenir la guerre, avec la môme bonne foi avec laquelle nous nous croyons tenus de remplir nos obligations particulières. »
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