‹ L'âme américaine [microforme] (volume 2)Chapitre 93 sur 109 · Cité par M. Clowes · texte numérisé non relu

Cité par M. Clowes

2. Terme de mépris appliqué aux notitfi Blancs dans la Géorgie.

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prédisons que nous aurons aussi la notre et nous espérons, avec la cjrAce de Dieu, être ar sez forts ])our vous exterminer et en laisser juste assez d'entre vous pour raconter Phisloire. »

De semblables menaces sont beaucoup plus fréquentes de la part des Blancs. M. Tilman, ancien çiouverneur de la Virginie, déclarait publiquement il n'y a pns longtemps, que le plus sûr moyen d'assurer la victoire des démocrates dans les Etats du Sud était de fusiller tous les Nègres.

M. Henry W. Thorne, qui a étudié spécialement la situation des Noirs dans le Sud, écrivait, l'année dernière, dans une revue : « .le suis convaincu que les Nègres de ce pays sont plus que jamais une race sans ressources, indocile, immorale, rebelle à toute véritable civilisation; qu'ils sont indignes du titre de citoyen américain et que, d'ici à une trentaine d'années, le Sud sera obligé de remettre en esclavage, de tuer, ou d'exporter le gros de la population noire ».

Enfin, il est question de faire nommer par le Congrès une commission chargée d'étudier le conflit des races dans le Sud.

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I.e rapatriement des Nègres serait gros de conséquences pour la République ; ce serait le progrès s'affirmant sur toute l'étendue du territoire (ju'ils occupent, territoire qui serait racheté par l'Etat et vendu à des Blancs qui en tirent toujours

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un meilleur parti. Ce serait l'annihilation fjraduelle de cette classe des Petits B/ancs, grossiers, vagabonds et paresseux ; car c'est toujours la crainte d'être mis au rang des Noirs qui leur fait fuir le travail. Enfin, ce serait peut-être la reconstitution, sur des bases nouvelles, de la société sudiste d'autrefois, nîoins terre à terre, moins prosaïque, d'une activité moins effrénée que la société du Nord et de l'Ouest.

Au point de vue de l'avenir de l'humanité eu général, on ne peut calculer ce que représenterait cet afflux en Afrique de dix millions d'hommes civilisés qui se relèveraient dans l'indépendance, voudraient prendre leur place parmi les nations et, étant donnée la vanité dont ils sont tous pénétrés, tiendraient à ne rien laisser perdre de ce qu'ils ont gagné au cours de trois siècles de souffrance et d'oppression.

M. Williams termine par les lignes suivantes, l'ouvrage que j'ai mentionné plus haut: «Sans richesse il ne peut y avoir de loisirs, sans loisirs il ne peut y avoir de pensée et sans pensée il ne peut y avoir de progrès. L'œuvre future du Nègre sera double, elle sera subjective et objective. Il va consacrer des années à son éducation et à sou progrès en Amérique (1). Il va s'instruire, accu-

1. Il y a actuelleuient aux Etats-Unis plus de 700 académies, universités et collèges de Nègres. I^rès de 20.000 écoles piiuiairej y souL fi'ôi[uentées par euvirou un uiillioii ot douii (I eiilaats noirs

muler de la richesse, puis il lournera son attention vers la civilisation de l'Afrique. Les Etats- Unis établiront une ligne de paquebots entre ce continent et le continent noir. En communication avec la côte des céréales, la côte d'ivoire et la côte d'or, l'Amérique y exportera des Bibles, des missionnaires, des journaux, des machines perfectionnées au lieu de rhum et de chaînes. Et * Trique, en retour, enverra à l'Amérique de i indiqo, de l'huile de palmier, de l'ivoire, de l'or, des diamants, des bois précieux et ses plus riches trésors au lieu d'esclaves. Des tribus se convertiront au christianisme ; des villes s'élèveront, des Etats seront fondés; In géographie et In science étendront leurs découvertes et un cable télégraphique joindra le cœur de l'Afrique à l'oreille du monde civilisé ».

La question de l'expansion de l'église catholique aux Etats-Unis a été traitée depuis quelques années dans des livres et des journaux, par un bon nombre de publicistes, sous différentes rubriques : « Les progrès du catholicisme enAmrriqiie ». « fj américanisme dans Véfjlise, « A'rpiscopat irlando-amêricain et les Allemands », etc.* etc. On a cité ces paroles de Mgr Ireland : « Il faut agir comme si tout dépendait de nous et

prier comme si tout dépendait de Dieu... Il y a des cas où une neuvaine est un bon refuge pour la mollesse et le défaut de courage ». On a rappelé que le cardinal Gibbons s'était fait le champion des chevaliers du travail et le défenseur des Trade-Unions, On s'est extasié sur la largeur de vues de ces prélats. On a appelé progrès le fait constaté que les catholiques sont aujourd'hui aux Etats-Unis près de dix millions, alors qu'ils devraient être plus de trente millions. On a vu avec bonheur dans les milieux progressiste s,que l'église se démocratisait au sein de la grande démocratie américaine, que le haut clergé prenait les allures du peuple, descendait dans la foule et bénissait tous les justes efforts des travailleurs en vue d'une émancipation plus complète. On a constaté surtout que l'hostihté dont les « Papistes » ont été si longtemps les victimes, de la part de la majorité de la population américaine, était presque complètement disparue et que les meilleurs élé • ments de la nation voyaient l'expansion du catholicisme d'un œil favorable. Car, alors que dans la plupart des sectes protestantes, la foi a fait place à un simple dilettantisme religieux, alors que les principes sombrent et que les forces morales se désagrègent, l'Eglise de Rome, grâce à sa discipline et à la stabilité de son enseignement» constitue une puissance conservatrice dont le développement, chacun le comprend maintenant; ne peut qu'être favorable à la grandeur et au bonheur de l'Union.

Cependant l'avenir de l'Eglise aux Etats-Unis reste toujours un problème. Si le nombre de ses membres a augmenté considérablement depuis vingt ans, cela est dû au fait que, depuis vingt ans, une grande proportion de l'immigration totale est venue de pays catholiques, TAutriche-Hongrie, la Bavière, l'Italie, le Canada français, Tlrlandc.

Les fils des émigrés des deux ou trois dernières décades resteront-ils f dèles à la foi de leurs pères, ou l'abandonneront ils, comme l'ont abandonnée les fils d'émigrés des générations précédentes ? Nul ne saurait encore le pré^'oir. Des obstacles à l'expansion catholique ont disparu, mais d'autres aussi redoutables ont surgi qui résident non plus en dehors, mais au sein même de TEglise.

Le problème ne tient aucunement au plus ou moins de libéralisme manifesté par quelques évoques américaiiistesy à la plus ou moins grande liberté d'allures affectée par eux (1), au main-

1. Les journaux ont commenté longuement, il y a quelques années, les uns pour les blâmer, les autres pour y applaudir, certains actes d'évêques irlandais américauisles : l'un inscrivant son nom dans une salle de bal, sur les carnets de danse de jeunes misses de Chicago, oh ! sans le savoir ; tout naïvement ; un autre bénissant, le 24 juillet 1897, la statue élevée à Sait L ike city, à Brigham Young, l'un des fondateurs de la secte des Mormons.

Ces condescendances ont-elles attiré beaucoup d'adhir;;nts à l'Kgllse? Cola n'est pas probable. Les gens sérieux

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lien ou à l'abrogation de certaines règles disciplinaires ou de certains canons; il est autrement complexe.

Il touche à Fun des côtés les plus obscurs de la psychologie des peuples ; il est la résultante des ferments laissés au cœur d'une race par sept siècles de tyrannie et d'oppression. Ea voici les données principales :

1° D'après les dernières statistiques publiées par les autorités de l'église romaine aux Etats- Unis (1899), le nombre des catholiques américains est de 9.907,412. Il sont ainsi répartis quant à leur nationalité d'origine : Polonais, environ 2.000.000 (1), Allemands, de 1.500.000 à 1.800.000 (2); Cauadiens-frauvais, 1.218.450 (3); Itahens, environ 1.000.000; Espagnols et Portugais, 500.000; Hongrois, plus de 400.000 (4); Louisianais de race française, 250.000; Belges,

penseront plutôt que ce sont là des enfantillages qui ne conviennent que médiocrement au caractère sacré d'Un prélat. On donne au mot « américanisme » un sens qui ne plaît guère aux vrais Américains, lorsqu'on l'emploie pour qualifier toutes les manifestations bizarres, exagérées et extravagantes qui se produisent dans l'Union.

\ . D'après le Polak in Amer y ce ^ journal polonais catholique publié à Buffalo (New-York).

2. D'après M. Arthur Preuss, rédacteur en chef de la Review, de St-Louis (Missouri).

3. M. A. Bourbonnière. Les Canadiens aux Etats-Unis (Lowell Mass).

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