‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 51 sur 121 · Mittelberger. op. cit · texte numérisé non relu

Mittelberger. op. cit

2. Descendant de Huguenots, Waldo est une corruption de De Vaux.

ption

lines ; quatre-vingt dix familles seulement demeurèrent dans le Maine (1).

En 1749, un autre groupe entreprit de se fonder un ome dans le Massachusetts, sur la foi de la législature de cette province qui s’était mise en rapport avec un agent d’affaires en Allemagne, el avait promis de donner aux émigrants les moyens de s'établir. Trompés là encore, il leur fallut aller demander un asile à d’autres régions (2). Ils donnèrent au seul village qu’ils fondèrent dans le Massachusetts le nom de « Village de misère (Leidensdorf). »

Les conditions de dépendance et de dénûment dans lesquelles se sont trouvés les Allemands, à leur arrivée en Amérique, expliquent comment, malgré limportance de leur nombre, ils ont pu être lentement absorbés par l’élément de langue anglaise.

William Penn lui-même avait exigé qu’un certain nombre de ceux qui étaient venus à son instigation, modifiassent leurs noms et leur donnassent une consonnance anglaise. Ainsi d’après ses ordres Tschantz devint Jones ; Steineman, Stoneman ; Burghalter, Burgholder ; Bauman, Bowmon ; Meyer, Mire ; Beer, Bare ; Gut, Good ; Sauer, Sowers ; Herr, Hare ; Weber Weaver ;

Let ?. Lüher, op. cit., p. p. 71-74,

Muller, Miller ; Kônig, King ; Riese, Reese ; Gewinner, Gwyer ; Krebs, Krape ; Licht, Light. etc. Il est certain, en outre, que la fierté nationale et l'exclusivisme de race devaient occuper peu de place dans l’âme de soldats mercenaires et d’anciens sujets des roitelets et des principicules qui, alors, se partageaient l’empire allemand. Dans la Virginie, le Maryland, le New-York, la Georqie et les Carolines ils conservèrent leur langue, généralement jusqu’à la querre de l’Indépendance, c'est-à-dire aussi longtemps qu'ils eurent des pasteurs ayant fait leurs études dans la mèreratrie. La seconde génération née dans les colonies fréquentait de préférence les églises desservies par des pasteurs de langue anglaise (1).

Le fils de l’Allemand Schneider vendu comme esclave, lorsqu'il devenait propriétaire, préférait s'appeler Taylor et se prétendait sans doute d'origine britannique. Dans le New-Jersey, le Delaware et surtout la Pennsylvanie, leur ré-. sistance fut beaucoup plus longue. Dans cette

1. En 1774 il y avait à Baltimore deux églises allemandes. À l'ouverture de laguerre de l'Indépendance, les Allemands du Maryland organisèrent un régiment d'infanterie et une compagnie d'artillerie ; le comté de Frédéric était exclusivement peuplé de gens de cette race.

En 1796, des sept échevins du conseil de ville de Baiiimore trois étaient Allemands.

2. Dans la Caroline du sud, au moment de la guerre, il y avait seize églises où l'on prêchiit en allemand.

dernière province, les Irlandais presbytériens très nombreux leur reprochaient de ne parler que l'allemand et demandaient au Parlement anglais d'enrayer leur immigration. Les Allemands s’unirent alors aux Quakers ct formèrent le « Freemen’s party » le parti des hommes libres, en opposition au parti anglo-irlandais qui s’intitulait le parti des gentlemen. En 1729, ils fondèrent un journal pour soutenir leurs droits. Les Irlandais proposèrent d'exiger que tous les documents publics les concernant fussent rédigés en anglais et qu’on leur imposät des pasteurs et des maîtres d'école de langue anglaise ; les Allemands résistèrent et les lois qu’on édicta contre eux ne subsistèrent pas longtemps.

La population de Germantown la partie allemande de Philadelphie, se composait, semble-t-il, d'excellents sujets. « La plupart, dit Kalm(1), sont des fabricants, ils font toutes choses en telle qualité et perfection que bientôt cette province aura peu besoin d'importer d’Angleterre >». Dans le Delaware et en gagnant les Alleghanys, les Allemands étaient en majorité et méprisaient ceux qui ne parlaient pasleur langue, se considérant eux-mêmes comme beaucoup plus fiers et plus intelligents que leur: voisins de langue anglaise. Ils traitaient de « Bougre Ir-

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