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Si la France ne fut en aucun temps indifférente à l'Amérique, on peut dire que pendant la période qui s’est écoulée de la déclaration de lPindépendance jusqu’à 1812, elle a occupé la première place dans l’esprit de la jeunc nation. C’est sans doute aux sentiments d'affection reconnaissante pour la France et d’aversion pour lAngleterre que songeait Washington, lorsque dans son discours d’adieux, il mettait ses compatriotes en garde contre des haines ou des affections trop vivaces pour des nations étrangères.
Avant la querre où les Français devaient jouer un rôle si important, on ne connaissait quère notre mère patrie que par les livres anglais et naturellement on en partageait les préjugés. Le Français était pour les masses un « mangeur de grenouilles et de salade ». Samuel Breck dans ses « Souvenirs » (1) raconte cette anecdote caractéristique :
« Lors de l’arrivée de la flotte française à Boston en 1778, M. Nathaniel Tracy, l’un des citoyens les plus influents de la ville, offrit un dîner au commandant, le comte d'Estaing et à ses officiers. Croyant être agréable à ses hôtes, l'excellent M. Tracy avait fait mettre dans le plat de potage servi à chacun des Français une superbe gre-