‹ L'ame de l'adolescentChapitre 103 sur 234 · Page · texte numérisé non relu

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4. Voir sur ce point l'amusante critique faite par St. Hall, II, 437-438 de

23 Manuels de Rhétorique en vogue aux Étals-Unis.

lycée. Les anciens ordres enseignants, en particulier les dominicains et les jésuites, savaient profiter de ces dispositions pour maintenir sous leur influence leurs élèves de la veille ; ils fondaient des associations dont le principal intérêt résidait dans des conférences faites à tour de rôle par chaque sociétaire, suivies d'une discussion à laquelle toute l'assemblée prenait part. Je me rappelle avoir eu l'occasion d'assister à deux ou trois de ces réunions et je ne puis songer encore sans un serrement de cœur au ton de certitude, indignée que prenait le conférencier de dix-sept ou dix-huit ans pour développer des thèses partiales grosses de malentendus futurs, à l'aide d'arguments a priori ou de fantaisies historiques.

Les joutes oratoires portant sur les sujets les plus divers fournissent aux Vereine des Universités allemandes, aux Unions d'Oxford, de Cambridge et d'ailleurs une de leurs occupations préférées *. En Amérique, l'initiative du Collège- Harvard a remis en honneur les controverses intercollégiales. « Ce mouvement a introduit une nouvelle méthode et môme une manière spéciale de travailler. Les champions sont très soigneusement choisis parmi des concurrents préparés d'avance et la thèse à soutenir est divisée de façon que chaque controversée en présente une partie déterminée. » C'est sous la surveillance même des professeurs qu'ils s'entraînent à riposter aux arguments adverses. Parmi les critiques que Stanley Hali 2 adresse à ces pratiques, il en est certaines qui, bien que peu d'accord avec sa doctrine phylogénétique, valent contre tout abus prématuré du raisonnement. Il est dangereux, en effet, de prendre trop tôt position sur des problèmes importants et de s'habituer à les résoudre par des artifices de langage. En outre, à parler avec facilité sur toutes sortes de sujets, on risque de tomber dans le verbiage et dans l'impuissance à juger sainement des choses. Seule une forte dose d'ignorance rend possible à cet âge l'assurance de la parole et la rigueur des déductions, quand <elles ont pour objet des questions complexes et incertaines 3.

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