‹ L'ame de l'adolescentChapitre 112 sur 234 · Id., dépos. de M. Boutroux, p · texte numérisé non relu

Id., dépos. de M. Boutroux, p

lieu de adolescens, Vergilius au lieu de Virgilim*, mais « ils n'auront pas sympathisé avec les manifestations les plus élevées, les plus touchantes, les plus héroïques de la nature humaine », et si d'aventure ils veulent goûter le Cid ou Polyeucte2, ils sont obligés de laisser de côté leurs éditions scolaires où le texte est submergé sous les notes de pure érudition, et de chercher dans la bibliothèque de leur père de vieux exemplaires où la pensée du poète se présente dans son harmonieuse nudité. Ils sont initiés aux particularités de la prosodie, mais lisent les vers sans le moindre souci de la quantité ni même de l'accent tonique malgré la simplicité de règles qu'il présente dans la langue latine 3. En grec, c'est pis encore, puisque beaucoup d'entre eux se voient obligés d'apprendre les règles compliquées de l'accentuation, sans qu'élèves ou professeurs, quand ils lisent un texte, songent même à les appliquer. Jusqu'aux programmes de 1902, des errements analogues étaient pratiqués dans l'enseignement des langues vivantes, et beaucoup de partisans de l'ancienne méthode regrettent au fond le règne omnipotent de la grammaire, lors même qu'ils croient défendre la culture littéraire, menacée, pensentils, par les nouveaux procédés.

En somme, on a diminué dans l'enseignement littéraire la part de l'éloquence et de la dialectique qui avaient, entre autres avantages, celui d'utiliser quelques-unes des forces vives spéciales à l'adolescent, et on a mis à la place l'espèce de faits la moins propre à l'intéresser puisqu'elle porte sur les modifications qu'ont subies dans le temps les formes verbales de la pensée, abstraction faite de leurs rapports avec les nécessités logiques de l'intelligence ou les nuances du sentiment. Là où il serait si intéressant d'initier les jeunes esprits à la révélation

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