‹ L'ame de l'adolescentChapitre 118 sur 234 · Cf. St. Hall, II, pp · texte numérisé non relu

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et la pression exercée parles parents, beaucoup déjeunes français, du moins à ce qu'ils disent, se hâteraient de quitter l'École. N'y aurait-il pas moyen de rendre celle-ci plus attrayante à un âge où la curiosité intellectuelle réclame une pâture plus variée que jamais. Peut-être suffirait-il pour cela de doter l'enseignement secondaire d'une qualité sans laquelle toutes les autres sont forcément stériles : la vie. Ce terme en l'espèce n'a rien de mystérieux : il désigne simplement une organisation des programmes et des méthodes conforme aux tendances essentielles de l'esprit adolescent. Puisque le besoin d'aimer, de rêver, de disserter avec subtilité ou éloquence prédomine en lui, il serait désirable d'utiliser ces dispositions en les dirigeant peu à peu vers et la maîtrise des difficultés intérieures, sociales et professionnelles qui guettent déjà le grand garçon. Entre les deux mondes où l'instruction permet de se reconnaître, celui de la nature et celui de la pensée, l'intelligence de l'adolescent se tient hésitante, n'ayant plus du premier la claire perception d'autrefois parce que la vision du second dans sa confuse nouveauté le relègue à l'arrière-plan de la conscience. Débrouiller ce chaos intérieur, former peu à peu les cadres de l'entendement en les moulant sur les obligations du dedans et les nécessités du dehors doit être le but de l'enseignement. La culture littéraire est excellente pour la première partie, la culture scientifique pour la seconde, l'instruction philosophique les reliant l'une à l'autre de manière à montrer la part d'esprit qui transparaît dans les choses, la part de matière qui, en fixant la pensée, l'empêche de s'évanouir en fumée. Mais chaque âge exige son objet et sa méthode; vouloir contrarier ou devancer l'évolution psychologique, par exemple en imposant dès les quatorze ou quinze ans a l'intelligence une érudition desséchée peu conforme aux exigences du cœur et de l'imagination, ce serait, suivant la comparaison humoristique de Stanley Hall1, couper la queue du têtard au lieu de la laisser se résorber, sous prétexte que le développement des pattes rend possible la vie terrestre d'un niveau plus élevé que la vie aquatique ; ce serait,

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