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pourrait-on dire en usant d'une comparaison analogue, comme si l'on voulait nourrir la larve Carnivore de l'ichneumon avec le pollen dont se nourrit l'insecte adulte. A la première adolescence convient un enseignement littéraire ayant comme base les légendes où se reflète l'âme des races. La Chanson de Roland [déjà au programme de seconde], les Niebelungen, Ossian et les épopées vraiment nationales ont à ce moment le maximum de valeur éducative. Les mythes, nourriture fortifiante pour l'intelligence enfantine, gardent jusqu'à quinze ou seize ans une partie de leur efficacité, à condition qu'on les traite comme des symboles. Pour la même raison, la moralité des fables, indifférente ou inintelligible aux enfants, offre parfois un moyen commode d'adresser au pubère d'utiles leçons1. Mais il importe par-dessus tout, à un âge où les procédés de dressage ne sont plus de saison et où le rôle de la mémoire semble diminuer, de ne pas la surcharger de subtilités grammaticales, de menus faits impropres à soutenir le ton émotif ou à se transformer en idées. Un noyau d'une cinquantaine de règles parfaitement possédées suffit presque à l'intelligence des textes dont il convient de pénétrer l'esprit, les connaissances grammaticales ne pouvant à cet âge être considérées que comme un moyen, bien que beaucoup de maîtres semblent les élever à la dignité d'une fin.
Pour des motifs analogues, l'enseignement scientifique qui jusqu'à treize ans peut avoir pour objet les matières les plus diverses doit, dès la puberté, éviter un double écueil, le caractère encyclopédique et une spécialisation prématurée. En bon pépiniériste, celui qui est chargé de la culture des jeunes intelligences peut commencer par mettre beaucoup de plants sur un espace restreint, mais pour que chacun d'eux se développe et porte ses fruits, il importe sinon de l'isoler, du moins de dégager assez les alentours pour qu'il y puise sa part de sève et de lumière. Trop disparates, les notions scientifiques ne pouvant se coordonner, risqueraient de se chasser les unes les autres, peut-être de dégoûter l'élève qui ne trouverait dans ces