‹ L'ame de l'adolescentChapitre 12 sur 234 · Déjà inscrit au programme de · texte numérisé non relu

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vagues et présentent un aspect si fuyant, que la plupart s'évanouissent avant d'avoir joué un rôle perceptible dans l'évolution consciente de l'esprit. Que l'éducateur se garde de faire fonds sur un des traits observés : l'instant d'après, il risquerait de le trouver remplacé par un autre caractère, contraire au premier ou sans rapport avec lui. C'est ici par excellence l'âge de disgrâce. Le charme de l'esprit enfantin, sa plasticité harmonieuse s'en vont par degrés sans que, parmi les linéaments qui s'ébauchent, on puisse découvrir l'esquisse du caractère qui se dessinera plus tard. Au moins en est-il ainsi dans la moyenne des cas. Aussi l'instruction, quel qu'en soit l'objet, vaut-elle par elle-même ; la culture multiple, chère à Herbart, peut être entreprise avec d'autant moins de peine que l'esprit accepte tour à tour en dépôt les idées les plus diverses. Pourtant, le sujet a besoin dans une certaine mesure d'être abandonné à luimême ; la surveillance dont il est l'objet gagne à, se faire plus discrète et moins étroite. La personnalité future se dégagera d'autant mieux qu'on évite davantage de donner une direction fausse parce que artificielle à des tendances qui, dès leur naissance, auraient pu, en vertu de leur spontanéité propre, évoluer de toute autre manière. Au contraire, pendant l'adolescence, des tentatives nettement caractérisées seront essayées tour à tour dans les sens les plus divers ; leur variété, leur richesse et surtout leur incohérence fourniront à l'éducateur un champ d'action des plus intéressants.

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