Le caractère de l'enfant à l'homme, p. 97 (F. Alcan
LA DIALECTIQUE ioi
d'an métier ou d'une carrière « ce serait, d'après l'excellente remarque de Mme Guizot *, non lui procurer un état, mais le donner à un état, lui en faire un besoin, le disposer ainsi, dans le cas où il serait contraint de choisir, à se renoncer lui-même pour conserver son état et lui donner la satisfaction de sacrifier sa situation personnelle à la situation de ses affaires... ».
Ni enseignement encyclopédique, ni spécialisation prématurée2, mais culture des facultés naissantes à l'aide de quelques disciplines bien choisies*, telle devrait être l'idée fondamentale de toute doctrine pédagogique relative à la première adolescence. Les sciences elles-mêmes devraient se présenter à l'esprit de l'élève sous un aspect capable d'éveiller le sentiment, de frapper l'imagination et d'amorcer l'exercice spontané du raisonnement. Dans ce but, la biographie des savants célèbres, le tableau des principales batailles qu'ils ont livrées pour conquérir la vérité, l'exposé des explications imaginatives qui ont précédé l'ère du savoir positif, pourraient être utilisés comme une excellente préparation du terrain destiné à la culture scientifique.
A mesure qu'on aurait affaire à des garçons plus âgés, on pourrait augmenter parallèlement la part de la démonstration et celle de l'expérience. Mais celle-ci, loin de consister en une notation schématique de faits isolés de leurs alentours, devrait familiariser l'observateur novice avec les formes protéiques des phénomènes surpris autant que possible en pleine production naturelle. «Pourquoi, àla place des livres morts, disaitdéjà Coménius, n'ouvririons-nous pas le livre vivant de la nature?... Il faut offrir à la jeunesse non les ombres des choses mais les choses elles-mêmes qui font impression sur les sens et l'imagination4. » Par exemple, la botanique générale ne prendrait-elle