‹ L'ame de l'adolescentChapitre 137 sur 234 · Cf. St. Hall. II, p · texte numérisé non relu

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3. Quoi qu'il en soit, cet état d'esprit a paralysé pendant longtemps l'influence éducatrice des répétiteurs les plus dévoués. Les grands élèves n'éprouvaient que du dédain pour des personnages aussi mal nantis, témoin cette réponse typique, analogue à beaucoup d'autres, faite par un jeune « cornichon » à un maître qui le réprimandait : « Monsieur, vous commandez aujourd'hui, mais demain nous reprendrons la supériorité sociale à laquelle nous avons droit. »

milieu corrompu l'adolescent « raille les bonnes mœurs avant d'avoir pris du goût pour les mauvaises et se pique de débauche sans savoir être débauché..., il cède plus aux penchants d'autrui qu'aux siens, et l'amour-propre fait plus de libertins que

l'amour ».

Ainsi la vanité de l'adolescent est une force vive qui, abandonnée à elle-même, ne produit guère de bons effets. Mais comme la plupart des forces naturelles, il est possible de la discipliner en vue des fins utiles. La représentation habituelle de celles-ci, incorporée à la vie même des sentiments ayant l'amourpropre pour principe, peut modifier peu à peu leur contenu jusqu'à contribuer pour une grande part à la création du sentiment de la dignité humaine, en dehors duquel il ne saurait y avoir de courage au sens complet du mot. Par exemple, si peu que les circonstances s'y prêtent, la vanité devient d'elle même émulation, c'est-à-dire l'un des stimulants les plus efficaces de l'activité juvénile. L'observation courante et les expériences de laboratoire s'accordent à témoigner de l'incomparable valeur dynamogénique de ce sentiment. Qu'il s'agisse des exercices athlétiques ou des travaux de l'esprit, l'adolescent s'efforce avant tout de surpasser ses camarades. Même ceux qui sont naturellement désireux de bien faire, désirent encore davantage faire mieux que les autres. Beaucoup ne donnent toute leur mesure que s'ils ont à lutter contre un rival, tel Newton qui d'abord piètre écolier, devint le meilleur élève de sa classe afin de surpasser un grand qui l'avait maltraité. Des expériences de MM. Binet et Vaschide sur 31 enfants de douze à treize ans, il résulte que le total de cinq pressions dynamométriques accompagnées d'émulation l'emporte de 992 kilogramme sur les chiffres obtenus en dehors de toute émulation1. Il y a lieu de croire que la différence eût été encore plus grande avec des adolescents, témoin l'incident qui survint au cours d'expériences faites par les mêmes auteurs sur des normaliens primaires de seize à vingt ans : l'un de ceux-ci poussait avec le petit doigt l'aiguille du dynamomètre et amenait ainsi 60 kilos au lieu de 32, sa force

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