‹ L'ame de l'adolescentChapitre 138 sur 234 · Année psychol., IV, p · texte numérisé non relu

Année psychol., IV, p

réelle1. Bien plus, à l'occasion d'essais du même genre dirigés par M. Glavière 2, les sujets, de grands garçons de quinze à dixhuit ans, allaient jusqu'à organiser des matches avec épreuves de force et épreuves de fond. Ils atteignirent des maxima de 73 kilos et arrivèrent à donner 299 pressions en seize minutes. L'auteur attribue ces « chiffres fantastiques » à l'adaptation de la main : il est probable que l'émulation a joué un rôle au moins aussi important, comme cela s'est produit dans des expériences analogues faites en Amérique et ailleurs3.

Je sais bien que l'influence de Rousseau 4 et peut-être l'exemple de Port-Royal, ont suscité dans l'Université un courant d'idées très défavorable aux pratiques fondées sur la rivalité entre élèves ; pour beaucoup de nos contemporains il semble entendu que la volonté stoïque de nos adolescents trouve une excitation suffisante dans l'émulation avec soi-même, la rivalité avec autrui étant tout au plus nécessaire pour stimuler le courage plus défaillant des adultes : aussi est-il question de supprimer les prix à ceux-là, mais non les distinctions honorifiques à ceux-ci. Sans nier la fécondité morale de la comparaison avec soi, remarquons que, d'une part, il est difficile de conférer une valeur objective aux jugements où elle s'exprime et que, d'autre part, le régime croissant des concours à l'entrée des carrières est fondé sur le principe opposé. L'émulation est si nécessaire à la jeunesse que les maîtres de Port-Royal qui l'avaient supprimée, ne pouvaient malgré leur mérite empêcher leurs élèves de tomber dans la nonchalance 5. Les Jésuites au contraire l'ont toujours considérée « comme un des ressorts essentiels de l'art d'élever les hommes», et leur Ratio studiorum contient un

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