‹ L'ame de l'adolescentChapitre 14 sur 234 · Haddon. Head hunters, Black, White and Brown, ch. iv · texte numérisé non relu

Haddon. Head hunters, Black, White and Brown, ch. iv

3. Voir entre autres sources Arth. H. Daniels. The new Life : a study of régénération (Am. Journ. of Psych., t. VI, n° 1).

MENDOUSSE. g

titre de l'État pendant deux ans une éducation soignée, mais où prédominait l'apprentissage du métier militaire1.

A Rome, il fut d'usage pendant longtemps de soumettre l'adolescent à un examen physique et moral dès qu'il était en âge de quitter la robe prétexte pour revêtir la toge virile. La fête des Liberalia, une des plus anciennes de la Ville, était surtout consacrée à donner plus de solennité à l'avènement du nouveau citoyen. Celui-ci, après avoir suspendu la bulle d'or, insigne de l'enfance, au cou des pénates, allait revêtir dans un temple le vêtement qui marquait sa nouvelle dignité; puis il se rendait au Forum escorté par ses parents et amis, souvent par un grand concours de peuple. A partir de ce moment, il s'adonnait avec les jeunes gens de son âge à tous les exercices physiques et formait son esprit par la fréquentation des hommes mûrs, l'assiduité au Forum et la continuation des études.

Civilisés ou barbares, la plupart des peuples ont pratiqué des coutumes analogues. Chez les Perses, d'après Xénophon, les garçons, au sortir de l'enfance, étaient mis au service des magistrats pour tout service public exigeant du courage et de la promptitude ; chez les Celtes et les Germains, ils étaient armés et prenaient place parmi les guerriers, usage d'où est sortie sans doute, au moyen âge, l'institution des écuyers. Partout on semble vouloir pénétrer le pubère de cette idée que désormais il doit vivre moins pour sa famille que pour le groupe social dont il fait partie.

Les diverses religions où s'est cristallisé l'idéal ethnique des races ou des civilisations, ne pouvaient rester étrangères à des préoccupations de ce genre. Une des plus touchantes cérémonies dans les synagogues est la confirmation, qui a lieu le jour de la Pentecôte, et au cours de laquelle le père, imposant les mains à son fils adolescent, lui transfère, avec la responsabilité de ses actes, la mission religieuse de contribuer à la réalisation de l'idéal proclamé par les prophètes hébreux :

1. Voir sur Yéphébie attique le livre de Dumont, 2 vol. dont 1 de textes. — Cf. P. Girard. V éducation athénienne du Ve et IV6 siècle avant Jésus- Christ. — L. Grasberger. Œuvres diverses énumérées par Stanley Hall, II, p. 250, etc.

un seul Dieu et une seule humanité *. Quelques mois auparavant, on a déjà formé des classes de confirmation où ont été exposés dans leur plus haute signification les idées et faits essentiels de l'Écriture et du judaïsme. Des solennités analogues se retrouvent dans les différentes églises chrétiennes. C'est ainsi que le jeune catholique, après une retraite suivie d'une confession générale, reçoit de l'évêque, avec l'onction du saint chrême et l'imposition des mains, un accroissement de grâce sanctifiante et la communication des dons du Saint-Esprit, entre autres de la sagesse, de la force, du conseil, de la science, en un mot des vertus nécessaires à la vie véritable qui va commencer pour lui.

On objectera peut-être que ces pratiques ne coïncident pas toutes avec l'apparition de la puberté puisque par exemple, à Athènes, le nouvel éphèbe avait en général dix-huit ans, et à Rome, le tiro environ seize ou dix-sept ans2. D'autre part, l'âge de la confirmation est très variable suivant les pays et antérieur le plus souvent à la quatorzième année. Mais la formation pubère elle-même est loin de se faire aune date fixe. Des causes d'ordre divers peuvent l'accélérer ou la retarder au point que dans les divers pays, souvent dans la même région, un écart considérable, qui va parfois jusqu'à six ou sept ans, peut se rencontrer entre des sujets également sains et bien portants. Rousseau3 fait remarquer qu'il n'est pas rare de voir dans le Valais ou les

4L Voir la description de cette cérémonie dans Stanley Hall, II, 262-265.

2. Cet âge n'a que la valeur d'une moyenne assez vague. Au père revenait le soin de décider le moment où son fils devait prendre la robe prétexte. Si Caligula attendit jusqu'à dix-huit ans révolus, Néron, Commode et Caracalla étaient seulement dans leur quatorzième année. — L'adolescence (^ê-/)) commençait en général chez les Grecs à quatorze ans, elle finissait à vingt ou à seize ans suivant qu'on y comprenait ou non la période éphébique (H. Dumont, op, cit., pp. 22-23). Pourtant les jeunes Spartiates échangeaient à douze ans la toge pour le pallium viril. — Au moyen âge, c'était à quatorze ans que le page devenait écuyer et accompagnait son seigneur dans les tournois et les batailles.

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