‹ L'ame de l'adolescentChapitre 15 sur 234 · Emile, IV (note · texte numérisé non relu

Emile, IV (note

montagnes du Frioul « de grands garçons forts comme des hommes avec la voix aiguë et le menton sans barbe », et il attribue cet état à la simplicité des mœurs, à une imagination calme et paisible, non à l'insuffisance ou à la médiocrité de la nourriture, puisque en ces contrées elle est excellente.

Parmi les facteurs physiques d'accélération ou de retard, l'alimentation semble en effet jouer un rôle moins important que la chaleur, le climat, la race, l'hérédité, etc.. Mais il faut surtout tenir compte des influences d'ordre psychologique telles que l'action du milieu, des lectures, des fréquentations, des bals, des représentations scéniques. La vie urbaine n'est que trop féconde en incitations de ce genre : en particulier les cartes postales, les journaux illustrés, les affiches et autres parodies artistiques qui s'étalent abondamment sur les murs ou derrière les vitres d'innombrables devantures, finissent par exercer sur les jeunes garçons une véritable hantise et par produire avant l'heure des changements physiologiques qu'une imagination calme ou sainement nourrie aurait encore retardés1. Aussi les auteurs s'accordent-ils à considérer l'apparition de la puberté comme plus précoce dans les villes que dans les campagnes. Ils diffèrent dans l'évaluation de l'âge moyen, C'est ainsi que Marro -, dont les observations ont pourtant été faites en Italie, croit pouvoir la fixer à seize ans, tandis que Lancaster3 indique quatorze ans trois mois comme l'âge moyen, et quatorze ans comme celui qui correspond au maximum des cas. Ces résultats concordent avec l'âge légal établi par les juristes romains de l'Empire comme limite inférieure de l'époque pubère.

M. Godin4 conclut de cent observations faites par lui que la pubepté s'établit à quinze ans et demi; par contre les chiffres de M. Biérent5 se rapprocheraient plutôt de ceux de Lancaster. Cette incertitude semble provenir moins des différences individuelles propres aux eas observés que de l'imprécision des symptômes

1. Cf. Burnham. The study of adolescence. Ped. sem., 1891, p. 18.

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