La Puberté (Paris, 1896). Voir surtout pp
qui signalent le début de l'époque critique chez les garçons.
Or la plupart des auteurs considèrent les caractères de l'adolescence comme liés à la formation pubère, et celle-ci comme consistant en des changements psycho-physiologiques pouvant se rattacher presque tous à l'apparition et au développement de la fonction génitale. A priori, une telle explication risque de pécher par excès de simplicité; en fait, on rencontre chez beaucoup d'adolescents des aptitudes intellectuelles ou artistiques, des besoins moraux ou affectifs donnant lieu à des manifesta-* tions dont on aurait trouvé l'analogue, sous une forme rudimentaire, même dès la plus tendre enfance. « Il est vrai, dit Lancaster1, que les courbes de la plupart de ces phénomènes atteignent leur sommet pendant le temps de la puberté. Mais quelques-uns des sentiments les plus forts sont reportés par beaucoup de mes correspondants comme se produisant des années avant ou après la puberté.
« Les symptômes les plus marquants de l'adolescence se trouvent dans les organismes les plus hautement développés, qui sont les plus éloignés de la nature brute ou physique et où la puissance reproductrice est souvent très faible...
« Les phénomènes adolescents apparaissent parfois dans toute leur intensité dans un âge avancé. Il n'y a pas là nécessairement régression..., car certaine personne, qui a été très soigneusement étudiée, a traversé dans sa vieille adolescence une série d'émotions entièrement nouvelles qui lui étaient inconnues dans son jeune âge. Dans ce cas particulier, l'instinct sexuel était très fort pendant la jeunesse et l'adolescence mentale non marquée par de grandes fluctuations. A l'âge de soixante et dix ans, une adolescence psychique très intense se développa avec de vivifiantes expériences religieuses inconnues auparavant. »
Et l'auteur ajoute que la précocité ou l'exercice anormal des fonctions reproductrices empêche l'adolescence mentale de se produire avec ses diverses manifestations qui, d'après lui, seraient d'origine cérébrale, non organique. Il conteste que les eunuques aient une mentalité spéciale, si l'on ne fait pas entrer