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des symptômes physiques de la puberté, le caractère reprit le type enfantin, la jovialité, la propension aux jeux et à la compagnie des enfants de son âge, la docilité à la voix impérieuse1. »
A partir de seize ans en moyenne, le besoin simultané de moralité et d'indépendance donne lieu à des manifestations bizarres, telles que la manie de d upliquer par une casuistique oiseuse les devoirs simples et rigoureux, un mépris tout de surface pour les formes courantes de l'honnêteté, joint, chez les sujets lettrés, à l'affectation d'une sentimentalité perverse qui leur fait rechercher de préférence les œuvres aux sujets risqués, aux titres scandaleux. Il en est qui font leurs délices d'Edgard Poë ou de Huysmans et qui prennent au sérieux les fantaisies de Baudelaire2 ou du Musset des premières poésies. D'autres, oppressés par le remords de quelque peccadille, éprouvent un besoin irrésistible d'avouer leur faute, moins peut-être pour savourer le sentiment de la délivrance que pour prouver à eux-mêmes et aux autres la crânerie dont ils sont capables. Par contre, il arrive parfois aux jeunes croyants de se décourager à l'idée que leur volonté ne prévaudra pas contre la corruption originelle, état dont on trouve l'équivalent chez les jeunes scientistes souvent enclins à interpréter leurs faiblesses comme les conséquences d'une lourde hérédité biologique dont ils seraient fatalement les victimes 3. En somme la vie morale de l'adolescent, comme sa vie intellectuelle ou affective est avant tout un désir, un désir qui peut avoir pour objet, suivant les circonstances, des vertus sublimes ou des actions héroïques, mais aussi une perversité voulue, un abandon de tout l'être aux plaisirs dont l'image transfigurée obsède l'imagination. La bonne volonté et la bienveillance envers autrui, dit en substance Stanley Hall \ sont à ce moment supérieures à ce qu'elles seront jamais ; d'autre part, la tendance à satisfaire les désirs les plus