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bas, à enfreindre les contraintes sociales, à afficher la débauche nocturne est telle qu'il semble que la maîtrise de soi ne puisse s'acquérir qu'après certaines fautes... Pour tous les garçons robustes, il y aurait vers seize ans une période de demi-criminalité qui rend indispensable le contrôle des adultes1.
Parfois, la plus légère influence peut arrêter ces oscillations de la volonté et fixer celle-ci dans une attitude bonne ou mauvaise dont elle ne se départira jamais complètement. S'il est un âge où la vertu puisse s'enseigner, c'est bien celui-là, puisque à ce moment, la plupart des fautes ne sont que des erreurs dont le plus souvent l'élève ne demande pas mieux que d'être détrompé. La formule de Herbart2: « L'éducation du caractère réside surtout dans l'éducation des idées », très contestable dans sa généralité, est vraie pour l'adolescent en qui l'idée directrice est un besoin, un passage à l'action. « En général, dit le même auteur, dès que l'homme devient plus libre de ses mouvements, il cherche à se reporter dans la situation de sa vie qui lui avait paru de bonne heure comme la plus désirable. » Or, ni chez l'enfant, ni chez l'adulte, le désir ne se porte avec autant de vivacité vers les formes idéales de l'existence, mais, dans certaine natures d'adolescents, il peut provoquer un frémissement si profond que l'âme, même devenue sceptique, en restera émue pour la vie. « Mes maîtres, dit Renan3, m'enseignèrent quelque chose qui valait infiniment mieux que la critique ou la sagacité philosophique : ils m'apprirent l'amour de la vérité, le respect de la raison, le sérieux de la vie. Voilà la seule chose en moi qui n'ait jamais varié. Je sortis de leurs mains avec un sentiment moral tellement prêt à toutes les épreuves que la légèreté parisienne put ensuite patiner ce bijou sans l'altérer. » A plus forte raison une telle influence persistet-elle dans les esprits ordinaires où elle n a pas à lutter contre l'action dissolvante du dilettantisme; mais, si elle garde une base religieuse, seules y sont accessibles les jeunes consciences que la foi, c'est-à-dire l'idée théologique combinée avec