‹ L'ame de l'adolescentChapitre 159 sur 234 · St. Hall, I · texte numérisé non relu

St. Hall, I

3. Voir divers articles des Barne's studies in éducation, surtout pp. 213,. 332, 344, etc.

proclamait la nécessité d'une obéissance aveugle aux ordres du Saint-Siège, s'arrêter court, sans même essayer de répondre devant l'objection suivante : Que feriez-vous si ces ordres, venant d'un étranger, étaient contraires à l'intérêt du pays ! » Qu'on se rappelle le rôle de Burschenchaften en Allemagne1.

Mais quelles que soient les fins psychologiques ou sociales vers lesquelles on dirige la volonté adolescente, une double précaution s'impose. En premier lieu il importe d'éviter le dilettantisme, de ne pas se complaire, comme il arrive parfois, à l'exposé des doctrines ingénieuses qui remettent chaque mois en question la valeur des idées fondamentales sur lesquelles repose la vie même de l'humanité. Ces jeux d'esprit, inoffensifs chez les intellectuels, deviennent délétères à mesure qu'ils gagnent un milieu plus simple. Avec les adolescents, incapables de séparer l'action de la pensée, on s'exposerait à voir des faits regrettables illustrer des idées célèbres, à moitié comprises2.

En outre, le besoin de mouvement, proportionné à l'accroissement de l'énergie musculaire pendant l'adolescence, rend indispensables ce qu'on pourrait appeler les expériences de morale. La pratique des sports, les exercices physiques peuvent être organisés de façon à donner lieu à des actes journaliers de décision, à l'habitude de passer sans effort de la pensée à l'action. Par-dessus tout, il importe de mettre à profit la force et les mobiles variés qui poussent le sujet à s'affirmer contre les obstacles de tout genre. Il ne faut pas oublier que « la lutte est la condition essentielle de la vie, et il convient que le jeune homme y soit habitué. En luttant, il gagne de la vigueur, et tel qui s'est montré récalcitrant au frein de ses parents et de son maître, peut par les efforts soutenus de la lutte obtenir une éducation de caractère qui lui sera une aide pour les plus hautes destinées »s. Les jeunes ouvriers qui sont obligés de gagner leur vie de bonne heure ont en général plus de courage et une moralité plus généreuse que leurs contemporains moins frustes

1. Sur l'éducation patriotique des adolescents voir Ch. Wagner. Jeunessey p. 367.

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