‹ L'ame de l'adolescentChapitre 179 sur 234 · D'après les tableaux de Robert; voir St. Hall, I, p · texte numérisé non relu

D'après les tableaux de Robert; voir St. Hall, I, p

parallèles1. De ce désordre et des nouveaux arrangements qu'il rend nécessaires résulte une double conséquence : d'abord une plasticité telle que l'éducation physique peut agir avec une efficacité suffisante pour redresser les natures vicieuses ou du moins modifier le tempérament dans de larges limites; — mais aussi un état d'inadaptation qui se traduit le plus souvent par l'exagération des sensations internes, par un état cœnesthésique douloureux se localisant tour à tour dans les régions somatiques les plus diverses, ce qui ne contribue pas peu à donner à l'adolescent un aspect de provisoire, d'inachevé qui incline l'observateur à craindre ou à espérer que du jour au lendemain ne se manifeste quelque nouveau trait de caractère, parfois durable, plus souvent passager, presque toujours imprévu2. La sensibilité organique est encore avivée par le surmenage auquel est condamné le tube digestif pour faire face à un métabolisme singulièrement accru. Ici l'activité de la fonction progresse plus que le poids et le volume des organes. D'ailleurs, d'après une loi de Saint-Hilaire, toute croissance serait rythmique en ce sens qu'il y aurait alternance entre l'accroissement de l'organe et le développement de la fonction. Par là s'expliquerait peutêtre l'état particulier de débilité dont souffrent les garçons de dix-huit ans. A ce moment la plupart des parties somatiques ont achevé ou ralenti leur croissance, le sujet inapte encore à se servir des nouveaux instruments organiques dont la nature vient de le pourvoir, semble ressentir à l'état normal la lassitude profonde qui suit toutes les crises physiques ou mentales à travers lesquelles la vie, par un effort violent, a dû s'adapter à de nouvelles conditions. Aussi est-ce vers les dix-huit ou dix-neuf ans que le pubère est le plus menacé par les maladies de l'adolescence. « Dès que la courbe de la croissance décline

Page 1