‹ L'ame de l'adolescentChapitre 183 sur 234 · Jean-Christophe. L'adolescent, p · texte numérisé non relu

Jean-Christophe. L'adolescent, p

étrangères et des horizons lointains, mais ses actes familiers eux-mêmes présentent une indécision analogue : que de réflexions demandent la coupe des cheveux ou de la barbe, la forme du vêtement, le choix d'une société sportive, et quel dommage qu'on ne puisse exhiber à la fois une figure glabre et une barbe luxuriante, le négligé d'un artiste et l'élégance d'un petit maître, ou pratiquer en même temps, la bicyclette, le cheval, l'aviron et le fusil, toutefois sans négliger les sciences et la littérature.

Aussi rien de plus divers que les associations d'adolescents, rien aussi de plus fragile : car l'intérêt très vif qui s'attache à un genre d'occupations ne saurait durer longtemps, ou plutôt il persiste comme un état affectif colorant bientôt d'une nuance identique des pratiques toutes différentes. Il faut voir sans doute dans cette multiplicité de besoins simultanés la cause des groupements indéfiniment variés qui, on l'a vu, fleurissent aux Etats-Unis non seulement dans les Universités, mais dans les Collèges, les Iligh-schools et sur toute la surface du territoire : cercles d'études ou d'exercices, cercles de récréations, Confréries et Unions, etc. l.

Ce n'est pas seulement en Amérique2, que les associations d'étudiants poursuivent les fins les plus contradictoires ; folles ou raisonnables elles montrent chez les jeunes gens de tous les pays une tendance marquée à essayer en tous sens des forces passagères dont la plupart seront mortes stériles, quand viendra l'heure d'une organisation plus cohérente.

Dans ce chaos de l'àme adolescente, il y a des éléments dont la présence est pour ainsi dire accidentelle : aussi les faits isolés, quel que soit leur caractère, ne prouvent-ils pas grand'chose; car il suffit le plus souvent de la nouveauté ou de l'étrangeté d'une attitude pour que de braves garçons la prennent aussitôt, sauf à s'en dégoûter immédiatement, si elle est contraire à, leurs tendances fondamentales ; comme, d'autre part, ils manquent de mesure et classent leurs idées dans des catégories tranchées,

1. Voir sur ce point Langlois. Questions d'histoire et d'enseignement, nouvelle série, p. 223.

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