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ballottement de l'âme adolescente entre des attitudes également provisoires, le manque de coordination et le sentiment douloureux d'impuissance qui en résulte, n'ont été mis en lumière comme dans le Hamlet de Shakespeare *. Le jeune prince danois qui, d'après M. F. Libby2, serait encore un adolescent, ne cesse de se lamenter sur son impuissance à prendre un caractère viril comme celui de son père, à se fixer dans une forme arrêtée, etc. Son amour pour Ophélie est un mélange de sensualité, de pureté, decompassion, de dédain, etc., son esprit un amalgame étrange d'imagination et de logique, de pensées profondes et de banalités triviales. Il délibère sans cesse et pourtant tue Polonius sans hésitation. « Sa profonde méditation sur le suicide, son puissant élan vers l'art, qui ne le conduit pourtant pas à cultiver quelque forme définie d'expression, ses remontrances à sa mère malgré ses propres faiblesses, son intérêt morbide pour le crâne d'Yorick et son étrange philosophie de la mort, son délire farouche et sa lourde impuissance dans la scène du tombeau, après qu'il a reconnu Laerte, son idée que le temps est disloqué et qu'il était né pour le remettre en place, ces traits et d'autres semblables ont une signification plus qu'accidentelle dans l'état d'un adolescent plus qu'intellectuel3. »
« Une nuit, écrit l'auteur du Jardin de Bérénice, je ressentis avec une intensité toute particulière que la préoccupation dont je venais de vivre pendant huit mois était assouvie et qu'il m'en fallait une nouvelle. Or la difficulté de me composer un nouveau moi se compliquait du regret de détruire celui que j'étais aujourd'hui. » L'adolescent ressemble à l'égotiste par le besoin de se créer des personnalités de plus en plus riches, mais il en diffère par son indifférence aux moi déjà vécus : Souvent même il ne se reconnaît plus et à ceux qui lui remémorent sa mentalité de