Cf. Ribot. Psych. des sentiments, p
2. Peut-être même le sens moral et légal n'apparaîtrait-il qu'à partir de la puberté. Entre autres documents, cela ressortirait des répon-.es faites par la plupart des correspondants à l'enquête d'Edg. James Swift (Some criminal tendencies of boyhood, Ped. sem., VIII).
dont le sort vous paraît le plus digne d'admiration ou d'envie? Pourquoi ?
Or seul le nom de Jésus fut mentionné dans deux réponses différentes dont voici l'une :
« Jésus, en tant qu'homme tel qu'il nous est représenté et non tel qu'il a pu être : accueillant les malheureux et les souffrants, aimant la sincérité du cœur, détestant les « sépulcres «blanchis » et se plaisant dans la compagnie des Samaritains et des petites gens, etc. . . » L'auteur de cette déclaration étaitun garçon de dix-sept ans, intelligent, mais d'esprit très rassis, préparant à la fois son baccalauréat et un concours des Postes. Ce qui rend le fait plus significatif, c'est que ces élèves avaient si peu de religiosité apparente que l'aumônier avait pris le parti de consacrer ses leçons à l'histoire anecdotique du pays qu'il connaissait à fond.
Hâtons-nous d'ajouter que d'autres attitudes sont presque aussi fréquentes. D'après Darmesteter 1 les jeunes Français traverseraient à quinze ans un âge très critique pour la foi. Le fait est que beaucoup d'adolescents, même aux Etats-Unis, affichent un scepticisme qui n'est pas toujours de surface ; quelques-uns sont tourmentés ou simplement intéressés par le conflit intérieur entre le doute et la croyance 2 ; d'autres restent indifférents à ces questions. H. Brittain 3, ayant organisé des tests sur les poèmes préférés par de grands élèves, remarqua qu'au, cun ne choisissait des hymnes religieuses. Dans des expériences analogues G. Guillet4 observa que les sujets, malgré leur goût pour les biographies et le lointain, n'éprouvaient presque aucun intérêt pour les personnages illustres de la Bible. Peut-être ces jeunes gens, tels nos écrivains du xvne siècle, ne mettaient-ils pas la pensée religieuse sur le même plan que leurs connais, sances positives. De telles expériences sont peu concluantes, surtout à côté des faits plus nombreux qui attestent que le sentiment du divin englobe dans la conscience adolescente des