‹ L'ame de l'adolescentChapitre 190 sur 234 · A study in interests. Ped. sem., XIV, p · texte numérisé non relu

A study in interests. Ped. sem., XIV, p

émotions puissantes qui, malgré leur diversité, ont en commun un caractère d'incomplétude dû au contraste entre la pauvreté des représentations et l'infinité des désirs. A peine est-il besoin de faire remarquer que les théories phylogénétiques conduisent à poser un tel état comme nécessaire.

Ici encore nous rencontrons dans l'âme adolescente un besoin psychologique que l'éducation moderne laisse de plus en plus sans aliment. Le garçon le plus prosaïque éprouve par moments un tel désir d'atteindre quelque chose qui soit au delà des pensées présentes, au delà du fait actuel et de la médiocrité ambiante qu'à défaut des cérémonies religieuses, des fêtes célébrant le culte de la Patrie, de la Justice, des grands hommes, etc., sont indispensables si on ne veut pas laisser s'atrophier en lui le sens précieux de l'Idéal ; — d'autant plus qu'en raison de l'instabilité des tendances, à côté du progrès habituel, un arrêt de développement, la dégénérescence même restent toujours possibles. Trop fréquentes sont les conversions à rebours où notre incuriosité de la mentalité adolescente accule de malheureux enfants qui n'auraient pas mieux demandé que d'être initiés à une vie plus haute, mais qui de ce besoin non satisfait garderont une rancune sourde, se traduisant par un mépris affecté des nobles causes et des hommes qui les servent.

L'essentiel pour l'éducateur, quelque but qu'il se propose, est de happer l'instant favorable. Or celui-ci, presque toujours imprévisible, ne peut être saisi que par une intuition sans cesse en éveil. Pourtant, d'après quelques psychologues américains, la conversion serait tellement normale chez les adolescents qu'elle se produirait à un point déterminé d'une courbe régulière. D'après W. Forbush1, il y aurait d'abord une période de dépression, puis une montée soudaine correspondant à une vie nouvelle. « C'est d'abord un léger murmure , puis l'orage, puis l'apaisement : ce qui résulte n'est plus un enfant (boy) mais un homme. » Selon E. D. Starbuck 2, c'est vers quinze ou seize ans

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