II PRÉFACE
son beau livre sur l'Éducation du peuple, ne s'est guère départi des généralités convenant à tous les âges. Fait encore plus significatif, parmi les considérations très diverses de nature qui précèdent les derniers programmes de l'Enseignement secondaire aucune ne permet de soupçonner que les problèmes de l'éducation se posent sous des formes différentes suivant qu'on s'adresse à des enfants de huit à douze ans ou à des garçons de quinze à vingt ans. De même, les Manuels de psychologie appliquée considèrent l'élève à peu près comme une entité, de sorte que la plupart de leurs indications ne valent quinabstracto et pour les jeunes enfants.
C'est parce que le sujet était, du moins chez nous, encore inexploré que j'ai pu me risquer à essayer une étude d'ensemble : une première synthèse, même confuse et superficielle, n'est-elle pas indispensable aux progrès futurs de l'analyse, peut-être à sa possibilité? Avant de diviser la question il était d'autant plus nécessaire de la poser que le mot adolescence a été pris dans des sens très différents. Où commence l'adolescence, où finit-elle? Ni les moralistes, ni les médecins, ni les biologistes, déclare M. Compayré1, ne sont d'accord sur ce point. Ambroise Paré la faisait commencer à dix-huit ans pour l'arrêter à vingt-cinq ans, c'est-à-dire qu'il la confondait avec la jeunesse. Littrê prétend même que les deux mots sont synonymes. Au contraire, d'après Hippocrate, l'adolescence va de quatorze à vingt et un ans, la jeunesse de vingt et un à vingt-huit ans. En général les auteurs semblent faire commencer la première à la puberté, la seconde à la nubilité2. Par là