PRÉFACE III
s'expliquent en partie leurs divergences, puisque suivant le régime, les races, les individus, etc., la crise pubère, comme on le verra plus loin, peut osciller entre douze et dix-huit ans et même davantage.
De plus, on étudie généralement sous le même titre l'adolescence des garçons et celle des jeunes filles. Peutêtre que dans les pays où la coéducation est la règle, les ressemblances mentales entre les deux sexes sont plus importantes que chez nous ; encore y a-t-il lieu de remarquer que M. Stanley Hall et les autres auteurs de langue anglaise sont très succincts sur les particularités d'esprit qui accompagnent ou suivent la puberté féminine, et que la plupart de leurs analyses concernent surtout les adolescents mâles. Les jeunes filles, élevées le plus souvent par des femmes, ont été encore moins étudiées que les garçons : aussi les traits communs qu'on serait tenté d'attribuer aux unes et aux autres, risquent-ils d'être superficiels, d'autant plus qu'il semble bien qu'il y ait une sexualité de l'âme comme du corps ; l'avènement de la puberté dont les répercussions physiologiques sont si considérables chez les jeunes filles, modifie infiniment moins leur esprit que celui des jeunes gens. En outre, dans les pays latins et germaniques, les deux sexes ont reçu depuis des siècles une éducation si différente qu'ils se différencient peut-être plus par leurs habitudes mentales que par leur constitution organique. Par suite, des conclusions relatives à l'adolescence humaine exigeraient qu'on étudiât à part l'adolescent et l'adolescente. C'est la première partie de cette étude que j'ai tentée, en me fondant à la fois sur les travaux que j'ai pu découvrir, et sur une expérience personnelle assez variée, puisque, depuis une vingtaine d'an» nées, je n'ai cessé d'observer, en vivant avec eux, des gar-