éd., p
dehors l. La vie monastique que les mœurs et les traditions françaises imposent à tant de jeunes gens, si elle présente les inconvénients inhérents à toute agglomération d'adolescents du même sexe, a, par contre, le mérite de les soustraire en partie, pendant la période critique, aux excitations malsaines qui, à chaque détour de la rue, guettent le jeune pubère dont elles ont déjà hâté la formation.
Voici, d'après Mantegazza 2, les principaux symptômes qui permettent de déceler chez un sujet l'invasion du mal : le teint devient pâle et plombé, prend un aspect ictérique; sur le front, les tempes et les ailes du nez, les petites glandes sébacées se changent en boutons rouges qui ne disparaissent que pour faire place à d'autres ; les yeux se ternissent, se creusent, deviennent languissants, nuageux, chassieux; la pupille se dilate, la vue s'affaiblit au point qu'une lecture prolongée provoque des sensations douloureuses accompagnées de larmoiements; les lèvres se fendillent et perdent leur fraîcheur ; les dents deviennent sales, l'haleine forte et fétide, l'expression du visage stupide et mélancolique, les manières embarrassées et timides; le corps s'amaigrit, tend à se courber de plus en plus et semble comme envahi par une lassitude générale 3. Bien entendu, aucun de ces signes à lui seul ne donnerait le droit de formuler une conclusion certaine dans un cas déterminé. Quelques-uns même existent à l'état normal. C'est ainsi que l'acné du visage se produit assez fréquemment, même chez les sujets les plus irréprochables. Pour d'autres, tels que l'amaigrissement et la faiblesse générale, l'étiologie reste toujours douteuse puisqu'ils peuvent être dus aux causes les plus diverses. Seule, la coïncidence d'un grand nombre d'entre eux forme un faisceau de présomptions justifiant un diagnostic presque certain. Encore faut-il le confirmer par des observations psychologiques, de toutes les plus probantes quand