Année psy ch., IV, pp
ratoire ; car, si des personnes de tout âge sont capables de fournir, sans fatigue, un effort d'autant plus considérable que l'acte accompli leur plaîtdavantage ', à plus forte raison les adolescents, presque toujours dominés par le de'sir présent, trouvent-ils moins vite les limites de leur énergie, quand ils l'emploient à un travail agréable. Il faut tenir compte aussi de leur sensibilité affective aux appareils (dynamomètre, ergographe, etc.), de la différence de travail fourni par les bons et les mauvais élèves2, les uns et les autres étant d'ailleurs moins dociles que les enfants. Enfin, les tests dynamométriques dissocient par une sorte d'analyse un effort localisé du consensus vital dont il fait partie, par suite ne peuvent guère justifier une conclusion d'ensemble.
On trouverait des signes plus certains de fatigue dans l'abaissement de la pression artérielle, l'allongement et l'altération des traits 3, la perte de poids, la présence d'acide sulfurique * et d'acétone, etc. 5 dans les urines, dans la progression de l'irritabilité et de la mélancolie, la diminution de l'attention et de la mémoire, etc. 6. Or chacun peut remarquer que, toutes proportions gardées, pour une dépense analogue d'énergie, la plupart de ces symptômes se produisent beaucoup plus vite chez les néo-adolescents que chez les adultes ou même les enfants de huit à douze ans. Les pubères ressemblent aux « louvards » qu'on peut « forcer » quoique par le poids etlataille, ils diffèrent peu des vieux loups; sous l'influence d'un désir ou d'une appréhension, ils peuvent en peu de temps épuiser leurs forces assez complètement pour que l'anémie, même des affections plus
1. Voir un exemple curieux dans le livre de Nansen. Vers le pôle, trad. Rabot, p. 248.