‹ L'ame de l'adolescentChapitre 204 sur 234 · ld., p · texte numérisé non relu

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6. D'après Proust et Ballet, il y aurait lieu de distinguer deux périodes dans la fatigue des écoliers : dans l'une prédominent des symptômes d'excitation morbide, tels que l'insomnie, l'irascibilité, des palpitations, des rires nerveux ; — Dans l'autre qui suit la première, prédominent les signes de la paresse mentale et de l'incapacité d'efforts, tels que la somnolence, l'inattention, l'expression triste, le visage émacié, etc. Journal de l*sych.. 1898, p. 282.

graves, les rendent incapables pendant longtemps de toute espèce de travail. On comprendrait difficilement le contraire : puisque l'épuisement résulte beaucoup moins des efforts musculaires quede leur coordination consciente, surtoutvolontaire, en vue de l'adaptation àdenouvelles conditions d'activité, c'est au moment où l'attention naissante est sollicitée par les fins les plus disparates que doit avoir lieu ladéperdition d'énergie la plus rapide. En outre, l'hypéresthésie émotive des adolescents contribue au même effet, d'autant plus que chez la plupart d'entre eux prédominentles émotions dépressives, du moins, à certaines périodes1. Leurs fréquents emportements, en augmentant la circulation périphérique 2 et en favorisant l'élimination des poisons par la sueur exerceraient une action plutôt dynamogénique s'ils n'étaient d'habitude unis à la haine, à la jalousie, a la mélancolie, aux innombrables modes de tristesse qui accompagnent l'éveil dé l'instinct sexuel et les aspirations à une virilité intégrale. En somme, le pubère se trouve le plus souvent, dans un état analogue à celui de l'artiste; dans sa conscience les idées se prolongent sous forme de sentiments ; par suite, elles suscitent dans la personnalité tout entière des réactions diffuses se traduisant par une excitation passagère suivie d'épuisement; il est, en effet, beaucoup moins pénible dépenser une idée quede la vivre. Or ce sont les perturbations violentes de l'émotivité, véritables traumatismes moraux, qui peuvent amener le déséquilibre plus ou moins grave des organes, à cause de l'affaiblissement et de l'irrégularité de l'innervation d'où dépend leur fonctionnement. Aussi le surmenage débute-t-il en général après la puberté. Quoi qu'en disent certains médecins optimistes 3, c'est un mal qui frappe beaucoup d'excellents sujets, surtoutà l'époque des examens. J'ai connu des élèves de Philosophie ou de Mathé-

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