‹ L'ame de l'adolescentChapitre 205 sur 234 · Cf. Marro, p · texte numérisé non relu

Cf. Marro, p

3. Par exemple Marc Sée et Lancereaux {Académie de Médecine, séance du 19 juillet 1887), cités par Binet et Henri. La fatigue intellectuelle, p. 18. De même, d'après Charcot, non seulement le surmenage intellectuel proprement dit n'existe pas avant la puberté, mais à ce moment même c'est un phénomène exceptionnel et lié à une évolution mentale précoce. Journ. de Psych., 1908, p. 282.

matiques qui, arrivés à grand'peine aux. vacances de Pâques, étaient obligés de prendre un ou deux mois de repos, parfois davantage. Il semble qu'avec les nouveaux programmes, le mal ne fasse qu'empirer. Il y a déjà longtemps qu'on en rend responsable le régime des examens et concours1 : Il est certain que l'obsession du diplôme à conquérir détermine chez beaucoup de candidats « une sorte d'hyperesthésie des facultés réceptives avec écrasement de l'initiative individuelle sous la matière étrangère et, comme suite, la sécheresse morale ». L'épuisement de l'activité spontanée donnerait lieu à un état d'automatisme inconscient que Marro2 compare à celui d'un champion cycliste, Mills, qui se trouvait mal en mettant le pied à terre à sa descente de vélocipède, tandis que replacé, il pédalait avec tant de force machinale qu'il dépassait les entraîneurs fraîchement entrés dans la lice. Le surmenage scolaire aboutirait à la création d'un automatisme mental se traduisant par l'indifférence aux questions vivantes, l'impuissance à comprendre les situations complexes, par suite la tendance à leur donner des solutions simplistes et livresques. Cependant, si l'on songe que les trois quarts des élèves, du moins des candidats au baccalauréat, prennent d'avance leurs précautions pour trouver dans leur poche plutôt que dans leur esprit la science dont ils auront besoin pour les épreuves écrites, peut-être sera t-on d'avis d'attribuer la fatigue mentale autant à la crainte obsédante de l'échec qu'au travail intellectuel proprement dit. Rien de plus variable que les effets produits par celui-ci chez les adolescents. Tandis que les uns supportent allègrement jusqu'à dix ou douze heures d'application, d'autres, tout aussi robustes en apparence, sont épuisés au boutde deux heures etne peuvent retourner à la tâche qu'après un intermède plus ou moins long. Les moments qui suivent les épreuves écrites d'une certaine durée sont les plus favorables à l'observation de ces différences individuelles. Un examen psycho-physiologique des candidats, méthodiquement conduit, en

1. Voir Marro, pp. 289 et passim ; — A. Riant. L'hygiène et l'éducation clans les internats, p. 236 ; — Wagner. Jeunesse, p. 54 ; Mosso. — L'éducation physique de la jeunesse, p. 85 ; — St. Hall, I, p. 243 et passim, etc.

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