‹ L'ame de l'adolescentChapitre 210 sur 234 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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humaines ». Reste à savoir si l'idéal de l'éducation physique est d'hypertrophier les muscles et si la dépense d'énergie exigée par une telle méthode est compatible avec les efforts intellectuels que la préparation à la vie moderne rend tous les jours plus nécessaires. Mieux fondée semble l'aversion du même auteur pour les exercices d'adresse J : par l'attention concentrée qu'ils demandent, ils risquent en effet d'accroître le surmenage. De plus, la gaucherie de l'adolescent le rend particulièrement inapte aux mouvements savants et précis; tout ce qu'on peut faire dans ce sens, c'est d'entretenir et de perfectionner, si possible, les aptitudes acquises dès l'enfance. Mais dans la moyenne des cas, il est un peu tard pour entreprendre ab initio l'organisation des automatismes compliqués que doivent par exemple posséder un instrumentiste ou même un nageur accomplis. A plus forte raison doit-on redouter l'abus des exercices qui exigent une tension à la fois intellectuelle et musculaire, presque toujours suivie de fatigue, comme c'est le cas pour l'escrime, rendue encore plus dangereuse par l'atmosphère confinée des salles d'armes.

Est-ce à dire que les exercices corporels, comme l'affirme A. Bain2, ne font pas partie de l'éducation proprement dite? Ce serait oublier que sans un système solide d'habitudes somatiques, l'adolescent, malgré sa bonne volonté, ne saurait atteindre le degré de courage, de patience, de persévérance indispensable à la virilité du caractère. Non seulement la gymnastique, quelle que soit la méthode employée3, est utile pour corriger le lymphatisme, redresser les attitudes vicieuses, accélérer la croissance et fortifier le système musculaire, mais surtout elle dresse l'adolescent à objectiver ses idées en mouvements, l'arrache par là même aux rêveries vagues et à la contemplation intensive de son moi, suscite ou plutôt nourrit en lui le désir des proportions élégantes, des formes robustes, de toutes les qualités d'où résulte la supériorité physique, souvent

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