‹ L'ame de l'adolescentChapitre 211 sur 234 · Science de l'éducation, p. 3 (F. Alcan · texte numérisé non relu

Science de l'éducation, p. 3 (F. Alcan

3. Voir sur les conceptions diverses de la gymnastique l'exposé de St. Hall, I, pp. 188-195.

aussi la supériorité morale, malgré la tendance trop fréquente des jouvenceaux délicats à mépriser la première par amour de la seconde. La gymnastique allemande n'eût-elle que le mérite d'obliger l'adolescent à faire effort jusqu'au delà de sa vigueur apparente, qu'elle contribuerait pour une part essentielle à l'éducation de la volonté. Mais, à l'inverse de la méthode suédoise, elle demande, pour être enseignée aux néo-pubères des maîtres capables, grâce à leurs connaissances psycho-anatomiques, de distinguer les faibles des paresseux, de reconnaître le moment précis où, chez les uns et les autres, l'effort cesse d'être utile pour devenir dangereux. Notre indifférence, à la fois catholique et cartésienne, pour les intérêts de la « guenille » humaine ne nous a pas habitués en France à demander au professeur de gymnastique de telles capacités.

En Angleterre, en Belgique, etc., on pense autrement, et peut-être y aurait-il lieu de rappeler qu'à Athènes, dans le collège éphébique, le pedotribe était le premier fonctionnaire. Quoique préposé spécialement aux exercices physiques, il contrôlait les divers enseignements et avait la haute main sur tout ce qui concernait la vie intérieure du collège1.

En attendant que nos modernes gymnastes aient qualité pour devenir des chefs d'établissement, peut-être serait-il à désirer que les directeurs des institutions pour adolescents eussent quelque compétence en matière de gymnastique. Malheureusement, notre conception analytique de l'éducation, en favorisant la spécialisation à outrance, semble nous faire perdre de vue les moyens nécessaires à la création de cette synthèse vivante que doit être la personnalité future de l'élève, de sorte que l'incohésion de l'adolescent, aggravée par l'incoordination qu'il subit, aboutit presque fatalement au développement d'une aptitude ou d'un talent, tout au plus à la formation d'un esprit, presque jamais à la création d'un homme unissant les qualités d'un « bon animal » à celles d'une personne raisonnable. Or on ne devient pas un bon animal en développant les bras et la partie supérieure du corps, tandis qu'on néglige les membres inférieurs ; —

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