‹ L'ame de l'adolescentChapitre 212 sur 234 · Dumont. Essai sur Véphébie attiqne, I, pp. 177 sqq · texte numérisé non relu

Dumont. Essai sur Véphébie attiqne, I, pp. 177 sqq

en hypertrophiant les muscles aux dépens des autres organes, sans que progresse d'une manière sensible l'indice vital. On sait que ce rapport mesure en général le degré de résistance à la fatigue. 11 semble, au contraire, s'élever sous l'influence de certains mouvements répétés propres à la gymnastique suédoise, et celle-ci ne saurait être trop recommandée aux adolescents si, en général, elle ne leur inspirait un ennui qui peut aller en certains cas jusqu'à en compromettre les bons effets1. Ni la suspension au bomme et aux espaliers, ni les contractions savantes destinées à améliorer la rectitude de la tête, la carrure des épaules, etc., ne leur permettent de jouir de leur vigueur musculaire comme les tours de force exécutés au trapèze, à la barre fixe, etc.

Or, plus encore que pour le travail intellectuel, le plaisir qui accompagne l'effort physique retarde dans des proportions considérables le moment où la fatigue confine au surmenage. La « gymnastique utilitaire » préconisée par M. de Coubertin 2 offrirait peut-être les avantages des autres systèmes sans leurs inconvénients. Non seulement, tout en fortifiant les jeunes gens, elles les dresserait aux principales formes d'attaque, de défense, d'assistance, dont ils auront besoin pour eux ou pour leurs semblables, mais encore, elle cultiverait en eux la décision, la persévérance, la confiance en soi, en un mot les qualités morales sans lesquelles la force physique jointe aux meilleures intentions est souvent plus nuisible qu'utile.

Déjà quelques peuples étrangers pratiquent une méthode analogue. Par exemple, les Belges qui attachent une grande importance à l'attrait des exercices physiques, se contentent à peu près des jeux pour les enfants, mais emploient d'autres procédés pour les adolescents. Ils leur apprennent « à retirer de l'eau un mannequin de la forme et du poids d'un homme, ce qui leur rend facile le sauvetage des noyés... à relever de terre et à charger sur leurs épaules un blessé qui ne peut faire aucun mouvement, etc. »3.

1. Cf. G. Demeny. Bases scientifiques de l'éducation physique, p. 22 (F.Alcan).

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