Emile, III
3. Cf. René Leblanc. La réforme des écoles primaires supérieures, Rev. péd., 15 mars 1908, p. 203.
4. A. Gasquet. L'enseignement professionnel et l'enseignement technique, Rev. intem. de Venseign., 15 avril 1908, p. 315.
seize ans; mais ceux-ci doivent justifier de deux, plus souvent de trois années d'atelier1. En somme, dit M. Gasquct, presque partout le travail manuel commence de onze à douze ans.
Dès la puberté, la difficulté de coordonner des mouvements exécutés avec précision rend les progrès très lents, comme pour la musique et le dessin. Aussi ne peut-on accepter les conclusions de M. Reichel, un des membres anglais de la commission Mosely (1903), qui termine une longue étude par cette déclaration : Le manual training n'a d'intérêt au point de vue pédagogique, comme élément de l'éducation générale que vers quinze ou seize ans 2. St. Hall3 qui considère un tel apprentissage comme excellent même pour les carrières intellectuelles, pense qu'il doit se faire surtout à l'âge de la croissance musculaire la plus rapide, c'est-à-dire vers le milieu et à la fin de l'adolescence. En effet à mesure que l'équilibre organique se rétablit, le sujet a moins de peine à produire les inhibitions qui font servir la totalité de la force nervoso-musculaire parfois à des opérations aussi minutieuses que la soudure de deux pièces, le filetage d'un écrou, etc. Pourtant il est des travaux tels que le jardinage, la menuiserie, etc., qui conviennent à tout âge dans la mesure où ils exigent des attitudes variées et mettent en mouvement des masses musculaires considérables.
Mais par l'attention qu'ils demandent et les conditions où la plupart s'exécutent, les travaux manuels, malgré leur utilité, risqueraient d'aggraver le surmenage des jeunes gens qui par ailleurs ont à produire un effort intellectuel prolongé, de sorte que vers dix-sept ans, c'est-à-dire juste au moment où les progrès de l'apprentissage accélèrent de nouveau leur élan, il devient très difficile pour les garçons d'une vitalité moyenne d'acquérir en même temps l'éducation des mains et celle de l'esprit. Il faut que l'une d'elles passe au premier plan, ce qui ne veut pas dire que l'autre doive être abandonnée. Dans tous les pays qui ont à cœur le développement industriel et commercial, l'obligation scolaire se prolonge jusqu'à la dix-septième année. Presque par-