A. Gasquet, pp
2. Langlois. Questions d'histoire et d'enseignement, p. 194. •3. I. p. 174.
tout elle est inscrite dans la loi ; dans les rares États où elle ne s'y formule pas encore, le principe gagne du terrain. C'est par les cours professionnels du soir et du dimanche qu'on obtient cette fréquentation post-scolaire. Rien detel n'existe en France1.
Quant aux jeunes intellectuels de cet âge, ils recevraient sans doute l'éducation manuelle la mieux appropriée à leur situation, à leurs intérêts et à ceux du pays, si on s'arrangeait pour meubler leur esprit des images motrices correspondant à l'instruction qu'ils reçoivent. Nous retrouvons ici, par une autre voie, des vues analogues à celles qui ont été indiquées à la fin du livre II, chap. ni. 11 serait facile, et pas très coûteux, d'installer dans les établissements d'instruction des laboratoires pratiques où seraient traduites en mouvements musculaires quelques-unes des idées appartenant aux principaux ordres d'enseignement2. Le jour de l'examen quelques épreuves manuelles bien choisies permettraient de se rendre compte du savoir du candidat plus sûrement que les interrogations auxquelles suffisent des réponses verbales enregistrées quelques heures auparavant. Par exemple, l'exécution d'une simple photographie fournirait l'occasion de mettre en évidence tant les notions physiques concernant les lentilles, la réfraction, l'astigmatisme etc., que les notions chimiques relativesaux réactifs employés : de fil en aiguille, à propos d'une opération aussi simple, il serait facile de passer en revue toute l'optique et la plus grande partie de la chimie.
Quels que soient les moyens employés, il importe par-dessus tout d'empêcher le divorce qui de plus en plus tend à isoler le cerveau des muscles aussi bien que des sens. « Laisser passer, pourrions-nous dire avec Marro 3, l'époque la plus belle, la plus féconde de la jeunesse dans un simple travail d'assimilation sans joindre aux images idéatives qui sont en train de se former, les nombreuses et fortes images des actes accomplis, c'est évidemment mutiler l'éducation, préparer la voie à l'entrée dans la société de parleurs et d'écrivains utopistes incapables de conceptions saines et d'action vigoureuse», etc..