‹ L'ame de l'adolescentChapitre 23 sur 234 · Ma jeunesse, p · texte numérisé non relu

Ma jeunesse, p

que celles de l'intelligence. Parmi les plus apparentes, citons l'agitation sans but, le manque de contrôle, de persévérance et de direction intérieure, une attention vacillante, en un mot tous les symptômes d'une volonté ruinée presque avant sa naissance. Peut-être faut-il chercher là une des causes principales du surmenage scolaire. « Je ne crois pas qu'on voie souvent au collège des jeunes gens et plus tard des étudiants parfaitement sages, surmenés : le seul surmenage à cet âge, hélas ! c'est celui que causent les habitudes vicieuses l. » A cet appauvrissement de l'énergie disponible se rattache comme une diminution de la vie affective, en ce qu'elle a de particulier à la jeunesse. Les émotions altruistes, pitié, sympathie, etc., font place à un égoïsme vulgaire recroquevillant le sujet sur ses intérêts et ses désirs les moins intéressants, quelquefois même à un instinct de destruction se traduisant tantôt par des avanies infligées aux animaux ou aux camarades plus faibles, surtout quand ils sont sages et délicats, tantôt par la manie de démolir, sans but et pour le plaisir, les objets les plus divers tels que serrures, livres, bibliothèques, grilles, etc. En même temps les émotions déprimantes, en particulier la peur 2 sous ses différentes formes, envahissent la conscience, tuent l'entrain et la franchise du jeune âge, transforment le self-help, la confiance en soi, en un état trouble où alternent l'audace cynique et une timidité maladive bien différente de celle dont souffrent normalement la plupart des adolescents pour des causes d'un tout autre ordre, comme on le verra plus loin. Le manque de dignité et de courage civique dont tant d'adultes parmi les meilleurs offrent des exemples inattendus, ne proviendrait-il pas en partie de cette tare originelle 3 ? Une réponse affirmative semble d'autant mieux justifiée que les symptômes de l'aboulie qui, d'après M. Ribot, sont la dépression du tonus vital, la lenteur ou la difficulté des réac-

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