Cf. St. Hall, I
L'enfant cesse d'être en communication avec le monde extérieur jadis si familier; « brusquement ses regards se voilent; un nuage s'interpose entre ses facultés d'observation et lui-même d'une part, entre son esprit critique et la société d'autre part. Des rêveries vagues, de grands élans sans but emplissent sa conscience » l. Il commence à juger inférieurs à sa dignité les plaisirs et les préoccupations de l'enfance, tandis que la vie adulte avec ses rivalités, ses ambitions, ses intérêts pratiques ou spéculatifs, lui apparaît comme devant solliciter désormais toutes les énergies dont il pourra disposer. Les aspirations nouvelles s'entrechoquent dans les profondeurs de son esprit et heurtent d'autre part les idées familières, les habitudes déjà prises. Ce conflit transparaît même sur sa physionomie où luttent longtemps avant de se fondre en une expression définitive les caractères de l'enfance et ceux de la virilité, — dans sa voix qui tenant de celle de l'enfant et de celle de l'homme « ne pei<t prendre le ton d'aucun des deux » 2, — dans les rapports qui s'établissent entre le cœur et les artères et, d'une manière générale, entre les divers organes dont chacun semble progresser pour son compte sans mettre son fonctionnement d'accord avec celui des autres. On voit par là quel est le plan que la nature même du sujet impose à l'étude de l'adolescence : les chapitres suivants seront consacrés à l'analyse des facultés qui distinguent le pubère de l'enfant, et à la détermination des principaux obstacles psycho-physiologiques qui rendent si pénible la formation de la synthèse finale d'où résulte le caractère viril.
Mais il est possible déjà de dégager quelques conclusions pédagogiques des faits qui précèdent : — A la différence de l'âge précédent, l'adolescence, du moins à ses débuts, a plus encore besoin