‹ L'ame de l'adolescentChapitre 29 sur 234 · Monatsschrift fur hohere Schulen, IV, p · texte numérisé non relu

Monatsschrift fur hohere Schulen, IV, p

4. Voir aussi la préface de l'ouvrage déjà cité d'E. Lyttelton.

5. Voir pour les détails l'étude de M. H. Schoen : Une innovation en Allemagne, dans la Rev. intern. de VEnseign., 15 sept. 1906, p. 213.

que à ce moment l'esprit des jeunes gens commence à être débarrassé des préoccupations scolaires et, cependant, reste encore docile et maniable. Une lettre aux parents les avertissait de l'entreprise, leur permettant d'y soustraire leurs enfants, ce

dont ils se gardèrent bien. On leur écrivait ceci: « Au

moment où nos élèves sont devenus des hommes, il est d'autant plus nécessaire de les instruire sur ces choses que le plus souvent à l'école comme à la maison, on n'a pas rencontré ou on a laissé échapper l'occasion de parler franchement des rapports qui sont cependant le point de départ et le fondement de toute notre vie sociale. On n'a pas eu l'occasion de faire disparaître ainsi l'attrait trompeur qu'inspirent toujours à la jeunesse le mystère qu'on lui cache et le fruit défendu. » Le mouvement n'a pas tardé à se généraliser. Des conférences identiques ou analogues ont été faites à Elberfeld et dans d'autres villes.

Déjà la littérature allemande avait signalé l'intérêt du problème. Le drame de Wedekind « Eveil du printemps » 1 est un véritable plaidoyer pour la franchise de l'éducation sexuelle contre le pharisaïsme bourgeois. Cette pièce qui a provoqué l'éclosion de tout une série de romans et de drames qu'on a appelés tragédies de collégiens 2 a pour sujet la crise de la puberté chez les fillettes et les garçons ignorants. Les adolescents y sont tourmentés à l'éveil du printemps par une vague tristesse, « ils ont des pressentiments, des élans fous, voire même deshallucinations ; à la faveur de la nuit, les instincts comprimés se débrident... « Je ne peux plus parler à une femme, confesse un jeune homme à un camarade en se promenant dans la cour du collège sans penser à quelque chose d'abominable et pourtant je serais bien embarrassé si on me demandait à quoi. » Dévorés du prurit de connaître ce qu'on leur cache, les collégiens vicieux se renseignent comme ils peuvent, par exemple dans les foires en se glissant dans de répugnants musées anatomiques ; ils achètent des reproductions de la Vénus de Palma Vecchio, de Ylo du Corrège ou tout simplement des photographies pornographiques

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