Frûhlings Erwachen
2. Gymnasiastentragœdien. Voir aussi dans la Bibliographie les nom breux ouvrages et articles allemands consacrés à l'éducation sexuelle.
dont ils composent un musée secret », — ou encore ils feuillettent des dictionnaires pour se renseigner \
En France, on a eu le tort, toutes les fois qu'on s'est pre'occupé de la même question, de l'envisager surtout par le côté hygiénique et de la réduire presque à la prophylaxie des maladies vénériennes. « Il faut, dit par exemple le Dl'M. de Fleury 2, instruire les élèves de la division des « grands » dans nos lycées des dangers qui les guettent s'ils se laissent aller aux tentations de la rue. Dans les collèges de nos grandes villes, c'est une pose répandue que de se vanter de connaître des femmes, de fréquenter des « typesses », c'est le mot affreux et naïf dont se servent entre eux ces mauvais sujets de quinze ans. » Et l'auteur ajoute que l'enseignement prophylactique des maladies vénériennes devrait d'après « l'illustre professeur Fournier », être institué au lycée. Ce rôle incomberait au proviseur ou au médecin de l'établissement. « Tout peut s'entendre de ce qui est dit avec conviction, avec délicatesse, sur le ton de la bienveillance3 ». De fait des notions sur cette matière d'enseignement ont été inscrites récemment au programme des écoles normales d'Instituteurs *.
C'est trop rapetisser la question. Sans doute on ne saurait prendre trop de précautions pour conjurer un des plus graves dangers qui menacent l'intégrité physique de la jeunesse, d'autant plus que le mal semble s'étendre tous les ans. Ziegler 3 affirme qu'à Berlin 25 p. 100 des étudiants vont chaque année des prostituées au médecin6. Un médecin deMarseilleaffirmaitàM. Schoen avoir soigné en dix ou douze ans plus de deux mille jeunes gens plus ou moins atteints ; un autre, à Toulouse, assurait que les trois quarts des étudiants étaient contaminés7. A ceux qui
1. Voir pour plus de détails : L. Réau. Frank Wedekind et le théâtre européen. La Revue, 1er janvier 1908.