‹ L'ame de l'adolescentChapitre 4 sur 234 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

çons de dix à vingt ans dans les conditions les plus diverses.

Contrairement à la méthode pratiquée par les pédagogues américains, j'ai attribué moins d'importance aux faits bruts qu'aux idées qu'ils suggéraient ou permettaient de vérifier; mais il n'en est pas une que ne soutiennent des observations tantôt personnelles, tantôt empruntées aux pédologistes des différents pays. A elles seules, les revues américaines de pédagogie seraient des mines inépuisables si la valeur des matériaux y était proportionnée à leur quantité ; en particulier, il y est fait un emploi des statistiques d'autant plus abusif que le plus souvent il n'en émane aucune lumière sur les causes des faits recensés ou sur la loi de leur production, à moins que les questions ne soient abordées par le côté sociologique. Ce que dit Cl. Bernard1 de l'inutilité des moyennes en physiologie pourrait s'appliquer tout aussi bien à la psychologie génétique. Des expériences nombreuses et diversifiées sur quelques sujets bien connus2 sont autrement significatives que les innombrables tests recueillis sommairement ou par des collaborateurs en sous-ordre3, bien que l'esprit de l'adolescent, on verra pour quelles raisons, se prête difficilement aux exigences de l'expérimentation psychologique. D'après M. Compayré4, les documents les plus précieux seraient les confidences faites par les sujets eux-mêmes sur leurs impressions de jeunesse, s'ils les rédigeaient à fâge même où ils ressentent ces impressions. En effet, comme on pourra le constater dans quelques spécimens,

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