‹ L'ame de l'adolescentChapitre 31 sur 234 · Id., p · texte numérisé non relu

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4. A recommander l'excellent petit livre du Dr Galtier-Boissière : Pour préserver des maladies vénériennes, 1907, 68 pages.

5. Der Deutsche Student am Ende des (19.) Jahrhunderts, Stuttgart.,

6. Mêmes chiffres donnés par Jankelevitch : Guerre et pacifisme, Rev. phil., janvier 1908, p. 87.

7. D'après Jankelevitch il n'existe pas parmi les ouvriers de Chemnitz

ont vécu jeunes et libres dans les grandes villes, ces chiffres ne paraîtront pas exagérés. Bien plus, il arrive parfois que dans les classes supérieures de nos lycées, tel élève jouit auprès de ses camarades d'un certain prestige, parce qu'on le sait malade des suites de quelque banale aventure.

Or les plus sages préceptes d'hygiène seront toujours des palliatifs d'autant plus insuffisants que chez un garçon ardent les conseils de la prudence ne prévaudront jamais contre les désirs impérieux. Pour remédier au mal dans la mesure du possible, il faut avant tout remonter à sa cause essentielle, c'est-à-dire modifier l'état d'esprit des jeunes gens sur les questions d'ordre sexuel. A cet effet, une initiation conduite avec tact et méthode s'impose comme le principal moyen : L'adolescent renseigné sur le but et la valeur de ces fonctions pourra sinon tuer l'émotion par l'idée, du moins la dépouiller du mystère où réside une bonne part de l'obsession. N'est-il pas curieux que l'influence de Rousseau, si profonde à d'autres égards, ait été à peu près nulle sur ce point? On sait qu'il recommande une entière sincérité dans les réponses aux questions scabreuses et qu'il charge le précepteur de procéder lui-même à l'initiation d'Emile adolescent. En ces matières délicates, il importe avant tout de combattre la vivacité des images trop concrètes par l'austère netteté d'idées très générales. Dans les conférences faites aux lycéens allemands, l'orateur-médecin, M. von den Steinen, rappelait d'abordles principes delà fécondation des plantes1 et les différents organes qui la rendent possible. De là il passait aux analogies humaines et avait soin, à propos des questions d'hérédité2 et de responsabilité, d'insister sur la gravité des tares en rapport avec la génération. Ensuite il exaltait la vie de famille et montrait dans ses joies idéales la récompense et le but les plus dignes de solliciter les efforts de la lutte contre les tentations vulgaires : idées d'autant plus bienfaisantes que les jeunes gens au lieu de regarder en face les problèmes relatifs au mariage,

un jeune homme au-dessus de dix-sept ans qui soit chaste, pas une jeune fille qui soit vierge. Art. cité. p. 87.

1. Cf. Kaan. Psychopaihia sexualis, cité par St. Hall, I, 466.

2. Cf. Legouvé. Les Hérédités dans les Pères et les enfants au XIXe siècle.

à l'amour, à la génération, à la naissance, se contentent de passer d'un silence contraint aux plus folles moqueries1. Elisabeth Blackwell 2 préconise deux moyens essentiels : 1° la subordination de la physiologie du sexe à laphysiologie et à l'hygiène générales ; 2° le recours exclusif à un enseignement oral sans manuel, illustré par des silhouettes schématiques et à grands traits. Mais ce dernier procédé aurait l'inconvénient, en isolant dans l'étude de la biologie cette question de toutes les autres, de la laisser dans un demi-mystère et d'accentuer aux yeux des élèves son caractère spécial. Mieux vaudrait, semble-t-il, la mettre à sa place dans les livres, sauf à la traiter en termes généraux, quoique précis et même techniques3. « Les phénomènes de la nature comme tels, ne sont pas inconvenants, seule une intention impure est condamnable » 4. Des parents5 qui verraient clair dans l'âme de leurs enfants et qui les auraient habitués à des sentiments de respect et de confiance, sauraient mieux que personne saisir le moment favorable, souvent unique, où l'initiation peut se faire avec le minimum de danger. Mais une telle intervention suppose à la fois une autorité morale que peu de pères peuvent se flatter déposséder6 et une délicatesse de sentiment qui, bien que naturelle aux femmes, ne suffit pas toujours à assurer l'efficacité des conseils maternels7. Que de jeunes gens, d'ailleurs affectueux, pensent, comme saint Augustin, qu'un grand garçon ne saurait sans honte, suivre les conseils

1. Cf. E. Richmond. Through boyhood to manhood (1900), p. 147. Cf. aussi Émile, IV.

2. Conseils aux parents sur l'éducation morale de leurs enfants au point de vue des facultés sexuelles, p. 97.

3. Cf. Kant : « Par le silence on ne fait qu'empirer le mal... il faut parler à l'adolescent de ces sortes de choses sans détour et d'une manière claire et précise. » Traité de pédagogie, Ed. Thamin, p. 148 (F. Alcan.)

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