Voir là-dessus E. Lyttelton. Op. cit., p
7. Certains auteurs croient que la mère est mieux qualifiée que le père pour l'initiation du pubère. Voir entre autres : Jankau. Anatomie, Physiologie und Hygiène des Geschlechtsreifen Sohnes. Mûnchen, 1894. D'autres comme Lyttelton (op. cit., p. 79) font intervenir la mère avant la puberté seulement ; il semble que ce soit aussi l'avis de Rousseau.
4C l'ame de l'adolescent
d'une femme1. Mais cette indocilité ne provient-elle pas pour une part de l'impuissance de la plupart des mères à sortir du conventionnel, à tenir un langage approprié aux tentations du dehors et à la nature des questions enjeu aussi bien qu'à l'état d'âme des adolescents. Pour mener à bon terme la seconde naissance de leurs enfants, il leur faudrait une culture plus rationnelle qui leur permît de s'élever de la pudeur instinctive à un sentiment tout aussi respectable, mais plus complet et plus éclairé, où la délicatesse morale devenue plus consciente n'exclurait pas l'énergie et les lumières nécessaires à une sage direction des nouvelles tendances.
Cependant les influences féminines sont très bienfaisantes par elles-mêmes; Michelet les considère comme souveraines dans les premiers temps2. Or plus tard le danger diminue, le jeune homme s'attardât-il dans les plaisirs, « si vous avez obtenu qu'il y aille tard quand l'homme est déjà formé3 ». Elles agissent avec fruit même sur les natures ingrates; par exemple, au pénitencier de Frasne-le-Château, des jeunes gens de douze à vingt ans, soumis à l'autorité exclusive des sœurs, se montrent très respectueux et vivent dans la plus stricte discipline 4. — En général l'action exercée par l'autre sexe sur les adolescents, qu'elle vienne de la famille ou de personnes étrangères, est presque toujours salutaire pour les mœurs de la jeunesse8. C'est mêmeune des raisons principales que les pédagogues américains6 font valoir en faveur de la coéducation. « Nous avons entendu, dit M. Buisson, citer vingt fois aux États-Unis ce mot de Jean Paul : « La meilleure garantie de conduite est l'éducation commune des deux sexes; deux garçons dans une école préserveront douze filles et vice-versa, mais je ne garantis rien dans une école ou il n'y aura que des filles, encore moins dans celle où il n'y aura que des garçons » 7.
1. Confessions, II, 3, 3... Qui mihi monitus muliebres videbantur quibus obtemperare erubescerem.