‹ L'ame de l'adolescentChapitre 34 sur 234 · Art. cit. p · texte numérisé non relu

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les autres sans être remarquées ou, du moins, sans qu'aucune d'elles puisse évoquer des sensations et des désirs aussi forts et aussi clairs que si elle était isolée ou contrastait avec le cours ordinaire de la pensée. Rien de plus naturel que le respect des adolescents pour les jeunes filles, lorsqu'ils vivent en leur compagnie K Par contre la « ségrégation », combinée avec les mœurs vicieuses de l'internat, fausse tellement les relations entre les deux sexes que, dans certaines villes, les établissements de jeunes filles n'osent pas envoyer leurs élèves en promenade sur les routes fréquentées par les élèves mâles, de peur qu'elles ne soient insultées. Peut-être aussi la fréquentation normale de l'autre sexe rendrait-elle plus rares les perversions sexuelles dont le vice solitaire est le cas le plus fréquent. Le plus souvent, les victimes de ce mal fuient la présence des femmes 2, peut-être en vertu d'une aversion analogue à celle qui détourne les débiles d'une alimentation tonique propre à leur rendre la santé. Aussi vaudrait-il mieux en somme risquer pour l'adolescent les dangers inhérents aux relations familières avec l'autre sexe que l'avortement trop fréquent des plus hautes virtualités physiques et mentales qu'il recèle en lui. « En tout état de cause, comme dit Rousseau, il vaut mieux commettre une faute que contracter un vice. »

A défaut des parents, les maîtres, semble-t-il, auraient qualité mieux que personne pour donner aux jeunes pubères les avertissements nécessaires. « Qu'ils se fassent violence, leur recommande M. Dumesnil à propos d'une intervention analogue. Nul ne sait le retentissement profond d'une parole adressée sincèrement à des... jeunes gens chez qui la réflexion se fait jour; elle sera peut-être décisive sur l'heure, peut-être plus |tard à un moment de la vie d'où dépendra la suite. Il ne faut pas que nos enfants se plaignent de n'avoir pas été avertis3 ». Pour donner à de tels conseils le maximum d'efficacité, il faudrait savoir parler à la fois en médecin, en moraliste et, par-dessus tout, en

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