‹ L'ame de l'adolescentChapitre 42 sur 234 · Page · texte numérisé non relu

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2. Cf. Ferri-Pisani. Les pervertis, p. 158. — « ... l'année dernière j'étais admissible à l'Ecole normale... Eh bien 1 je me suis fait volontairement coller à l'oral pour rester au lycée avec l'autre... ; torturée dans une pareille boîte, une mentalité comme la mienne qui veut de l'affection, s'attache à quelque gosse ; puis ça devient de la passion, du vice qu'on garde toute sa vie. »

blissement, l'avaient admis au « charme » de leur amitié. Ces deux exemples ont été pris à dessein dans des milieux très différents. Je retranche les passages inutiles ou insignifiants.

Retraite de 4896. — Impressions. — 2 heures 30 du soir.

De tous ces dieux dont le Père a parlé, auquel ai-je sacrifié Est-ce au dieu de YIdéal ?... J'entretiens des liaisons très étroites avec le petit L...

... Le Père a blâmé les jeunes gens qui se laissent abâtardir par une espèce de passion pour des enfants aimables et gentils. Ils soupirent sans cesse ; sans cesse ils pensent à leur petit Zéphir ; ils écrivent des billets tendres et langoureux ; leur plus grand bonheur est d'embrasser l'objet de leur tendresse. Puis-je distinguer ces divers caractères dans mes relations avec L...1? Sans doute, toutes les fois que je l'embrasse, j'éprouve un assez grand plaisir ; mais il faut convenir que je ne prends pas tout à fait l'initiative : l'enfant me provoque plutôt par ses caresses que je ne cherche à les attirer... Je ne lui ai jamais écrit le moindre billet fade et douceureux : nos conversations lui ont donné plutôt à comprendre que je n'avais d'autre but dansmes rapports avec lui que de lui donner de bons conseils et de travailler à son instruction, surtout au maintien de sa piété et de son innocence, ce qui est vrai ; notre correspondance et ma conduite durant mon séjour dans sa famille en font foi... J'aimais à me figurer que toutes les vertus embellissaient celui que j'appelais mon ami... je trouvais un plaisir indicible à faire des sacrifices, à me dévouer pour lui... Pendant les vacances, correspondance suivie. Je reçois successivement deux invitations de sa famille... et je me décide à passer trois jours à V... Mais L... ne trouve pas cela suffisant; il me presse, il pleure et enfin c'est douze jours que je reste avec lui. C'est surtout pendant ces douze jours que, s'il y avait eu quelque danger pour moi, j'aurais succombé. L'enfant me conduisait le soir dans ma chambre, le matin il venait me chercher et tant avant le coucher qu'après le lever, il m'accablait de caresses et de baisers, copieusement rendus il est vrai. Pendant la journée, il s'asseyait sur mes genoux, se jetait à mon cou, et tout cela devant ses parents... Pour rien au monde, je ne voudrais prendre la moindre part... à la dégradation d'un petit être que je me suis toujours plu à me représenter comme la personnification de la naïveté, de l'innocence et de la poésie, etc.

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