‹ L'ame de l'adolescentChapitre 56 sur 234 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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membres par les liens d'une amitié aussi étroite que possible l. En France, bien que l'individualisme des mœurs générales porte les jeunes gens à vivre isolément, ils fournissent entre quinze et vingt ans clans les milieux ouvriers et intellectuels les cas les plus nombreux, sinon de groupements définis, du moins de fréquentation mutuelle, au point qu'un adolescent qui vit solitaire peut être considéré comme une exception.

L'adolescent éprouve un tel besoin de donner et de recevoir des marques d'affection que dans un milieu, où elles font défaut, rien ne saurait les remplacer, tandis qu'elles lui rendent supportable une existence très pénible par ailleurs ; il se contenterait volontiers de pouvoir dire avec Rousseau 2 : « Rien de ce qui se faisait autour de moi, rien de ce qu'on me faisait faire n'était selon mon goût, mais tout était selon mon cœur. » Par là s'expliquent en grande partie le souvenir attendri que les internes des maisons religieuses emportent de leurs maîtres et l'indifférence de la plupart de nos anciens élèves vis-à-vis de leur lycée et de son personnel. Le docteur M. de Fleury raconte3 à quel point il fut charmé, à quinze ans, de la manière chaleureuse dont il fut accueilli au collège des Jésuites de Tivoli par le préfet des études. Ce religieux, ancien commandant de dragons, termina ses instructions par ces mots : « Ce jeune homme paraît avoir une âme généreuse et le cœur bien placé : sursum corda, ajouta-t-il ». « Cet accueil qui différait fort des manières plus sèches que l'on affectait au lycée, me procura, dit l'auteur, tout le trouble délicieux d'une séduction. » À partir de la troisième environ, les élèves sont si sensibles aux moindres marques d'intérêt, qu'on doit se demander avec étonnement pourquoi, dans

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