‹ L'ame de l'adolescentChapitre 57 sur 234 · Confessions, éd. Didot, p · texte numérisé non relu

Confessions, éd. Didot, p

3 Nos enfants au collège, p. 112 et passim. — Sur le dévouement chaleureux des maîtres dans les maisons religieuses voir dans l'Enquête sur l'ens. secondaire les dépositions de MM. Mézières, p. 212, Rocafort, p. 430, etc.

l'éducation universitaire, on n'utilise pas davantage cette source précieuse d'influence. Que de fois j'ai vu de malheureux garçons qui comparaissaient pour des peccadilles devant le conseil de discipline, guetter la moindre bonne parole pour s'abandonner aux regrets et aux larmes, mais se figer dans une attitude obstinée de révolte devant l'indifférence impartiale des juges considérant la faute et le coupable comme deux entités dont la nature et les rapports étaient déterminés par les règlements scolaires. Par contre, un maître dévoué a beau être sévère ; ses reproches les plus cinglants ne feront qu'accroître l'affection et l'estime du délinquant, s'ils sont fondés sur la compréhension sympathique de sa mentalité. La mise au point même brutale des désirs et des répugnances qui le travaillent, lui cause une joie secrète et craintive, tant il aime et redoute en même temps tout examen mettant plus de clarté dans le chaos nuageux de sa vie intérieure. Prompt à déceler la bonté réelle sous les dehors les plus rudes, l'adolescent se montre touché de toute marque de bienveillance, surtout si, comme le recommande Rousseau, on sait en lui demandant quelques menus services nourrir « en lui le noble sentiment de la reconnaissance» l. De cette façon, on obtient d'un sujet le meilleur rendement possible avec des efforts peu pénibles, parce que accompagnés d'intérêt.

La plus importante chose qu'on puisse faire pour un garçon, remarque W. Byron Forbush2, c'est de l'aimer ». C'est aussi le seul procédé pédagogique qui emporte avec lui sa récompense, même et peut-être surtout si on ne la cherche pas3. Si peu que la valeur intellectuelle ou morale du professeur s'y prête, l'élève pubère conçoit à son égard un respect plein d'affection, une admiration enthousiaste ne différant qu'en degré de celle que Renan et ses condisciples éprouvaient pour Dupanloup * et que

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