‹ L'ame de l'adolescentChapitre 65 sur 234 · Page · texte numérisé non relu

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manifestent un métabolisme singulièrement accru et modifié, mais surtout par le caractère érogénique d'une foule de parfums1, par le goût presque universel, quoique passager, que la plupart des adolescents éprouvent pour les essences et les eaux de toilette, enfin par les associations d'ordre sexuel dont les sensations olfactives sont souvent le point de départ. D'après St. Hall, les réponses qui ont été faites à ses questionnaires justifieraient les trois conclusions suivantes 2 : 1° Le parfum des fleurs serait à ce moment-là la clef d'un monde nouveau et la source d'un plaisir exquis comparable à l'émotion esthétique. 2° Tout arôme devient intéressant par lui-même ; goûts et répugnances, acuité et obtusion ne varient jamais autant d'un individu à un autre. Des associations, le plus souvent subconscientes, groupent autour d'une sensation olfactive les images, les idées, les émotions les plus diverses. (J'ai pu remarquer moi-même que des poèmes comme le Flacon, de Baudelaire, étaient pleinement goûtés par certains sujets de dix-sept à dix-huit ans et préférés par eux à des morceaux en apparence plus accessibles). 3° Beaucoup d'affinités étroites et d'aversions insurmontables s'expliqueraient par les exhalaisons agréables ou fétides qui se dégagent du corps.

Mais malgré la subtilité des nuances distinguées et l'étendue de la gamme parcourue par le flair adolescent, le sujet ne semble pas utiliser ces données sensorielles comme des représentations aptes à se transformer en idées générales ou à entrer dans la construction du monde extérieur. A la différence de ce qui se passe chez beaucoup d'animaux, en particulier chez le chien, les sensations olfactives ne sont guère pour l'homme, en particulier pour le pubère, que des plaisirs ou des peines, des états intérieurs qui, loin de contribuer à la réduction de la fantaisie, lui fournissent des aliments variés et surtout un principe de combinaison trop exclusivement personnel pour pouvoir aboutir jamais à une création objective.

Des conclusions analogues vont résulter de l'examen des modifications relatives aux sensations dermiques. Ici la question

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