Voir St. Hall, II, p
4 Ci l'ame de l'adolescent
cieux que les grands élèves restent de plus en plus longtemps courbés sur leur table de travail.
Pour les mêmes motifs et pour quelques autres, on devrait bien revenir à l'ancienne habitude de faire jouer aux élèves des pièces de théâtre à certains moments de l'année. Cette coutume était encore en honneur dans les établissements religieux, et beaucoup de pédagogues étrangers la tiennent pour excellente l, entre autres, M. Paul Bode, directeur à Francfort du gymnase la Klingeroberrealschule, qui la recommande à condition que le même rôle ne soit pas toujours confié aux mêmes acteurs. Outre l'influence exercée sur la diction et le sentiment littéraire par de tels exercices, ils auraient le mérite de contribuer à la satisfaction d'un des besoins juvéniles à la fois les plus urgents et les plus méconnus, la nécessité des fêtes et des cérémonies pour intéresser les grands élèves aux fins intellectuelles, affectives et morales poursuivies par l'éducation. Lorsque Ravaisson 1 voulait que l'enfance et la jeunesse... fussent élevées avant tout in hymnis et canticis, il reprenait, à son compte une des idées les plus familières de la Révolution. A cette époque pas un seul projet de décret relatif à l'instruction publique qui ne contînt un article spécial pour la célébration des fêtes. Lakanal proposait d'en instituer dans les cantons, les districts, les départements,2 etc. Il serait d'autant plus utile de renouer cette tradition que les jeunes esprits, incapables de goûter la raison toute nue, sont très accessibles à la signification des symboles et attachent beaucoup d'importance aux formules solennelles, aux rites variés, aux invocations, bref à tout l'appareil des formes imaginatives qui, d'après M. Ribot, se mêle toujours à la logique des sentiments3. De plus la jeunesse a droit à sa part de joie et de bonheur 4; si on ne lui donne pas des distractions saines, elle en cherchera d'autres. Les Jansénistes eux-mêmes tâchaient
d. Eug. Maillet. Op. cit., p. 454.
2. Voir Hippeau. Education et instruction. — Cf. A. Dumont. Uéphebie attique, I, p. 51. — Compayré. Histoire des doctrines de l'éducation en France, II, p. 307.