Cf. Spencer. Education, p. 162 (F. Alcan
d'égayer leurs élèves le plus possible1; quant aux Jésuites, ç'a toujours été une de leurs traditions les plus constantes en éducation. Nous avons tout à apprendre dans cet ordre d'idées : quels que soient les moyens préconisés 2, il importe qu'ils s'adressent au cœur et à l'imagination et non pas seulement aux sens : les extras dans le menu, les lampions ne suffisent pas ; autrement bienfaisantes sont les réunions familières et les solennités où le proviseur n'apparaît plus comme un règlement, le professeur comme un programme, mais tous les éducateurs comme des hommes capables de communier dans les mêmes émotions avec les hommes de demain.
Mais il est une distraction que les adolescents goûtent pardessus toutes les autres, de même qu'il est une forme d'art à laquelle ils sont plus spécialement accessibles, je veux parler de la lecture et des œuvres littéraires, prose ou vers, qui en sont l'objet préféré. Ce goût est si général que ceux en qui il ne se manifeste pas, peuvent passer à bon droit pour dépourvus de toute espèce d'imagination, sauf peut-être de celle qui se traduit par l'arrangement ingénieux des mécanismes. Les obstacles même ne font que l'exaspérer, comme l'attestent les nombreux cas de lectures clandestines que chacun peut trouver dans ses souvenirs. On peut leur comparer les résultats de certaines enquêtes faites en Amérique, par exemple celle du docteur Chase à qui 65 p. 100 de ses correspondants déclarent avoir traversé une période de lectures secrètes, ou encore les aveux contenus dans quelques autobiographies, par exemple dans les Confessions de Rousseau : « Ce goût irrité par la contrainte (exercée par son maître) devint passion, bientôt fureur... Je lisais tout avec une égale avidité. Je lisais à l'établi, je lisais en allant faire mes messages, je lisais à la garde-robe et m'y oubliais des heures entières ; la tête me tournait de lecture, je ne faisais plus que lire. Mon maître m'épiait, me surprenait, me battait, me prenait mes livres... Quand je n'avais plus de quoi payer la loueuse, je