Compayré. Op. cit., I, p
2. Sur ce point voir entre autres indications celles de F. Pécaut. Etudes sur l'éducation nationale, p. 221 ; — Compayré. L'enseignement secondaire aux États-Unis, p. 180. — Mme N. de Saussure. L'éducation progressive, Vil, 2.
lui donnais mes chemises, mes cravates, mes hardes1 ». Entre autres personnages célèbres ayant traversé une crise analogue, Stanley Hall cite2 Edison qui à seize ans lut 15 pieds cubes de livres disposés sur les rayons d'une bibliothèque et dit ne pas en avoir autant lu depuis. Flamsteed qui, bien que mauvais élève et de santé débile, se montra à quinze ans féru de Plutarque et de Tacite. Huxley fut plus précoce : déjà grand liseur à douze ans, il dévora deux ou trois ans plus tard la logique de HamiKon et s'intéressa vivement aux ouvrages de métaphysique. Même pour Napoléon devenu morose et sombre à l'âge de la puberté, la lecture fut une espèce de passion poussée jusqu'à la rage3. Walter Scott à seize ans avait dévoré plusieurs bibliothèques. Mais à quoi bon multiplier les exemples? Sur les 523 réponses reçues par Lancaster \ 453 attestent une crise de lecture pendant l'adolescence. J'ai connu moi-même des élèves médiocres qui pendant leurs dernières années de scolarité dépensaient la plus grande partie de leur argent de poche à acheter les nouveautés, dès qu'elles paraissaient.
Les nombreuses études faites aux États-Unis 5 sur cette passion de la lecture s'accordent à la faire commencer vers les onze ou douze ans, donc, avant la puberté; mais, d'après Lancaster, elle atteindrait son maximum vers quinze ans, d'après d'autres beaucoup plus tard. Rien de plus variable que les sujets préférés : ils dépendent d'ailleurs en grande partie de l'enseignement reçu ou des livres disponibles. En général le goût pour les récits de voyages ou d'aventures qui domine à treize ans, fait place peu à peu à une préférence marquée pour les oeuvres romanesques et sentimentales, pour la fiction littéraire sous toutes ses formes.
Quelques écrivains se sont compluànoter l'enthousiasme provoqué à l'époque des Humanités, par la première initiation aux plaisirs de la littérature. Ce trait se rencontre dans plusieurs