‹ L'ame de l'adolescentChapitre 82 sur 234 · Tour les détails, voir St. Hall, II, pp · texte numérisé non relu

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autobiographies. « Jam verum unum et unum duo, dit saint Augustin dans ses Confessions, duo et duo quatuor odiosa cantiomihi erat : et dulcissimum spectaculum vanitatis, equus ligneus plenus armatis et Trojœ incendium, atque ipsius umbra Cr eusse1.

Comparez Chateaubriand : « J'expliquais le quatrième livre de Y Enéide et lisais le Têlémaque ; tout à coup je découvris dans Didon et dansEucharis des beautés qui me ravirent; je devins sensible à l'harmonie de ces vers admirables et de cette prose antique. Je traduisis un jour à livre ouvert X JEneadum genitrix, hominum divumque voluptas de Lucrèce avec tant de vivacité que M. Egault m'arracha le poème et me jeta dans les racines grecques. Je dérobai un Tibulle : quand j'arrivai au Quam juvat immites ventos audire cubantem, ces sentiments de volupté et de mélancolie semblèrent me révéler ma propre nature. Les volumes de Massillon qui contenaient les sermons de la Pécheresse et del' Enfant prodigue ne me quittaient plus... Je volais de petits bouts de cierges dans la chapelle pour lire la nuit ces descriptions séduisantes des désordres de l'âme. Je m'endormais en balbutiant des phrases incohérentes où je tâchais de mettre la douceur, le nombre, la grâce de l'écrivain qui a le mieux transporté dans la prose l'euphonie racinienne » 2. Emotion analogue chez Loti à quatorze ans : a Ce Paul, il savait des vers d'un poète défendu appelé Alfred de Musset qui me troublaient comme quelque chose d'inouï, de révoltant et de délicieux »3. Les quelques types d'adolescents créés par nos romanciers ne dérogent pas à la règle : « Que devînmes-nous, dit Robert Greslou dans sa Confession, en découvrant dans une case du bonhomme (le bouquiniste) un Musset en assez mauvais état... Nous commençâmes par le feuilleter, puis il nous devint impossible de ne pas le posséder. » Faut-il rappeler les pages exquises où Anatole France évoque les premières émotions que les beautés de la littérature grecque font éprouver à Pierre Nozière ?

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